Hécatombe et manque d’armes sur le front : les Ukrainiens s’inquiètent


Un soldat ukrainien lors de combats sur la ligne de front à Sievierodonetsk (Ukraine) le 8 juin 2022.

Les autorités ukrainiennes admettent un grave déficit de munitions et de canons, alors que le rythme de conquête russe s’accélère dans le Donbass. Moscou a affirmé dimanche avoir « détruit un grand entrepôt » d’armes fournies par les Occidentaux près de Tchortkiv, dans l’ouest de l’Ukraine, faisant 22 blessés. Les combats s’intensifient dans l’Est. « La situation à Sievierodonetsk est extrêmement difficile », a reconnu le gouverneur ukrainien de la région de Louhansk, Serguiï Gaïdaï. Sur le plan militaire, la Russie « utilise l’artillerie à grande échelle et, malheureusement, a un avantage de 10 contre un », a estimé le commandant en chef de l’armée ukrainienne, Valeri Zaloujny.

Après avoir placé le sceau du secret sur les pertes ukrainiennes pour préserver son opinion publique, le chef d’Etat ukrainien a dévoilé le 1er juin un bilan de 10 000 morts depuis le début de l’invasion russe le 24 février. Et surtout, il a admis que la guerre emporte quotidiennement 60 à 100 soldats ukrainiens et en blesse 500 autres. Le 9 juin, le conseiller du chef du cabinet du président Mykhaïlo Podoliak enfonçait le clou, évoquant un rythme de pertes deux fois plus lourd, soit une fourchette entre 100 à 200 militaires tués par jour.

Ces aveux officiels sur le caractère critique de la situation s’accompagnent de demandes pressantes pour une accélération de l’aide militaire occidentale. Selon M. Podoliak, l’hécatombe s’explique par « l’asymétrie entre les capacités militaires ukrainiennes et russes ». Son collègue Oleksiy Arestovych, également conseiller de l’administration présidentielle ukrainienne, indiquait dimanche que « l’Occident nous sauve financièrement, politiquement et militairement. Si les Occidentaux ne nous avaient pas aidés ou ne nous aidaient plus aujourd’hui, je suppose que nous en serions à défendre Lviv [ville située tout à l’ouest du pays] ».

« A bout de souffle »

L’arsenal que la Russie a déployé sur le territoire ukrainien compte actuellement 1 110 tanks, 2 800 véhicules blindés de transport de troupes et de combat d’infanterie, 1 130 systèmes d’artillerie de calibre supérieur à 100 mm et plus et 78 lanceurs de missiles balistiques, détaillait vendredi le chef adjoint du renseignement ukrainien Vadim Skibitsky à la chaîne russophone Currenttime.tv. Dans les airs, ce sont 400 avions et 360 hélicoptères de combat, selon la même source. Pour M. Skibitsky, « l’aide internationale ne suffit toujours pas pour ralentir le rythme offensif des forces russes ».

Dans la guerre d’attrition menée actuellement, les stocks et la capacité de production prennent un caractère crucial et pourraient déterminer l’issue du conflit. C’est pourquoi les autorités ukrainiennes admettent que les prochaines semaines seront difficiles. « L’Ukraine met en avant ses besoins pour accélérer l’aide extérieure. La Russie joue sur le même tableau, soutient que les réserves ukrainiennes se vident, pour convaincre que la fin de la guerre est pour bientôt », souligne Pierre Grasser, spécialiste de la défense russe et chercheur associé au laboratoire Sirice. Russie et Ukraine « sont de fait à bout de souffle », selon le chercheur, qui pointe un déficit de munitions côté ukrainien.

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via LeMonde

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