Honduras : la droite au pouvoir reconnaît sa défaite, Xiomara Castro file vers la présidence

Xiomara Castro, ici à Tegucigalpa, le 28 novembre 2021, est largement en tête du dépouillement partiel de l’élection présidentielle au Honduras.

La voie vers la présidence du Honduras est ouverte pour Xiomara Castro. La droite au pouvoir, devancée de 20 points par la candidate de la gauche, a reconnu, mardi 30 novembre, sa défaite à l’élection présidentielle, alors que les résultats partiels portent sur plus de la moitié des suffrages.

Nasry Asfura, le candidat battu du Parti national (PN), a déclaré dans un communiqué, avoir personnellement félicité Mme Castro. « J’espère que Dieu l’éclaire et la guide pour que son administration fasse au mieux pour le bien de nous tous, Honduriens, pour accomplir le développement et les désirs de démocratie », a-t-il annoncé. M. Asfura s’était engagé à respecter le résultat du vote et avait demandé que ne coule « pas une goutte de sang ».

Un peu plus tôt dans la journée, le secrétaire du comité central du PN, Kilvett Bertrand, avait souhaité « le succès à ceux qui ont gagné les élections ». Le PN continuera de « travailler avec force et depuis l’opposition pour prendre soin de la démocratie », a-t-il poursuivi. « Vous pouvez constater le climat de paix et de tranquillité qu’il y a dans le pays, même si le Parti national n’a pas été élu à la tête du gouvernement », a-t-il ajouté.

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Washington impatient « de travailler avec le prochain gouvernement »

Les Honduriens attendent toujours les résultats définitifs de l’élection, à l’issue de laquelle Mme Castro deviendrait la toute première femme présidente de ce pays d’Amérique centrale. Depuis la clôture des bureaux de vote dimanche, le décompte des voix progresse lentement.

Selon des résultats partiels portant sur 52,07 % des bulletins, Mme Castro, 62 ans, du Parti liberté et refondation (Libre), obtient 53,49 % des voix, loin devant Nasry Asfura (33,98 %). Selon le Conseil national électoral (CNE), de nombreux procès-verbaux arrivés sous forme physique doivent être désormais traités informatiquement, alors qu’une première moitié est arrivée directement sous format numérique.

Washington a officiellement réagi au résultat de cette élection. « Les Etats-Unis félicitent le peuple hondurien pour son élection et Xiomara Castro pour sa victoire historique en tant que première femme présidente du Honduras », a déclaré le secrétaire d’Etat Antony Blinken dans un communiqué. « Nous sommes impatients de travailler avec le prochain gouvernement du Honduras », a-t-il ajouté.

Dès dimanche soir, Xiomara Castro, épouse de l’ancien président Manuel Zelaya, renversé en 2009 par un coup d’Etat, avait revendiqué la victoire. L’ancienne première dame a promis de « former un gouvernement de réconciliation ».

Un pays meurtri

Dans ce pays d’Amérique centrale de 10 millions d’habitants, en proie à la violence et à la pauvreté, la participation s’est établie à un niveau « historique » dépassant les 60 %, selon le CNE. Mardi, dans une déclaration préliminaire, la mission d’observation de l’Union européenne a souligné que la « journée électorale avait été globalement calme et que la transmission des résultats s’est déroulée sans heurts jusqu’à présent ».

« En même temps, la période précédant les élections générales a été marquée par des niveaux sans précédent de violence politique et une polarisation intense », est-il écrit dans un communiqué. « Au moins six maires, candidats et militants ont été assassinés dans les semaines précédant les élections », a déclaré, mardi, depuis Tegucigalpa, la cheffe de la mission européenne, Zeljana Zovko, lors d’une conférence de presse.

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La victoire annoncée de Mme Castro mettra fin à douze ans de règne du Parti national. Elle succédera au président Juan Orlando Hernandez, qui termine son second mandat sur fond de soupçons de trafic de drogue. En 2013, M. Hernandez avait battu d’une courte tête Xiomara Castro, et était ensuite passé outre la Constitution pour se présenter à un second mandat en 2017. Sa douteuse réélection sur le fil face à la star de la télévision Salvador Nasralla avait provoqué de violentes manifestations.

Mme Castro va devoir gouverner un pays meurtri par la violence des gangs, le trafic de drogue et les conséquences de deux ouragans dévastateurs qui ont ravagé en 2020 le pays, où 59 % de la population vit dans la pauvreté. Le chômage a presque doublé en un an, en raison notamment de la pandémie de coronavirus, passant de 5,7 % en 2019 à 10,9 % en 2020.

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Chaque année, des dizaines de milliers de Honduriens tentent de rejoindre le million de leurs compatriotes ayant fui la violence et la misère, dans leur écrasante majorité aux Etats-Unis.

Avec un taux d’homicides de 37,6 pour 100 000 habitants en 2020, le Honduras est en outre un des pays les plus dangereux au monde (hors zones de conflit).

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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