Hongkong : Jimmy Lai et sept autres militants condamnés à des peines de prison ferme, à la suite de la veillée interdite du 4 juin

Le 9 février 2021, Jimmy Lai quitte la cour d’appel final de Hongkong. Il a été condamné le 9 décembre 2021 pour l’organisation d’une veillée interdite à Tiananmen le 4 juin 2020.

Jimmy Lai, le fondateur du Apple Daily, le journal prodémocratie le plus populaire de Hongkong acculé à la fermeture par la police en juin, l’ancienne journaliste Gwyneth Ho, 31 ans, qui s’est engagée en politique pendant le mouvement de protestation de 2019, et l’avocate des droits de l’homme Chow Hang-tung, 36 ans, vice-présidente de l’Alliance de Hongkong, ont été condamnés, lundi 13 décembre, à respectivement 13, 12 et 6 mois de prison ferme.

Ils étaient les seuls, parmi la vingtaine de militants incriminés pour l’« assemblée illégale » du 4 juin 2020, à avoir choisi de plaider non coupables. Ils sont tous les trois également poursuivis, par ailleurs, sous la nouvelle loi de sécurité nationale, imposée en juin 2020 par Pékin dans le but de criminaliser toute forme de dissidence politique dans la Région administrative spéciale. D’autres poids lourds de l’opposition prodémocratie de Hongkong ont également été condamnés à des peines allant de 9 à 14 mois de prison, la plus lourde allant à Lee Chuk – ancien député du Parti travailliste et longtemps président de l’Alliance (« Alliance en soutien aux mouvements patriotiques et démocratiques de Chine », le mouvement qui a toujours organisé les veillées du 4 juin). Une quinzaine d’autres militants déjà condamnés en début d’année pour cette même veillée se sont vu infliger des peines allant de six à dix mois d’emprisonnement, certains avec sursis.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés A Hongkong, l’étau se resserre sur la presse

Le jugement de 24 pages du tribunal de district de Wan Chai qui récapitule les faits dans le procès de Jimmy Lai établit qu’une autorisation avait été demandée dès le 23 avril par l’Alliance pour que la veillée puisse se tenir, comme chaque année, au même endroit, sur les terrains de foot du parc Victoria, et à la même date, dans la soirée du 4 juin. Cette veillée qui s’est toujours déroulée dans la plus grande dignité est l’une des dates les plus importantes du calendrier de Hongkong. Car tous les 4 juin au soir, depuis celui de 1989, Hongkong jouait très consciencieusement son rôle de porte-flambeau du souvenir ; consciente d’être la seule ville de Chine à disposer des libertés lui permettant de commémorer ouvertement les morts dont on ignore encore le nombre exact, tombés aux abords de la place Tiananmen de Pékin, lors de la répression sanglante de l’Armée populaire de libération qui mit un terme à des mois de mobilisation étudiante réclamant des réformes démocratiques en Chine.

Acharnement juridique

Mais le 1er juin 2020, pour la première fois en trente ans, la police de Hongkong avait fait savoir à l’Alliance que le permis demandé était refusé pour raisons sanitaires, en pleine pandémie de Covid-19. L’autorisation a d’ailleurs été à nouveau refusée en 2021, au même motif. Les procureurs ont reproché aux prévenus de s’être néanmoins réunis à 18 h 30, autour de la fontaine située à l’entrée du parc, d’avoir allumé des chandelles et d’avoir crié quelques slogans, réminiscents du large mouvement de protestation de 2019 (qui avait démarré en opposition à une loi d’extradition mais avait vite muté en contestations antigouvernementales plus larges).

Il vous reste 58.11% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess