Hongkong : un DJ comparaît dans le premier procès pour sédition depuis la rétrocession

Des partisans prodémocratie manifestent devant le tribunal de Fanling, à Hongkong, le 8 septembre 2020, alors que le militant Tam Tak-chi comparaît pour sédition.

A Hongkong, les autorités ont recours à tous les moyens légaux pour réprimer la dissidence. Jeudi 29 juillet, un DJ militant prodémocratie a comparu dans le premier procès pour « sédition » engagé depuis la rétrocession, en 1997.

Tam Tak-chi, 48 ans, vice-président du parti d’opposition People Power et DJ à la radio, fait partie des militants poursuivis pour sédition en vertu d’un texte promulgué en 1938, à l’époque où le territoire était une colonie britannique. Ce texte est distinct de la loi drastique sur la sécurité nationale qui a été imposée à l’été 2020 par Pékin à sa région semi-autonome et qui est un des principaux outils de la répression.

Connu dans le territoire sous son nom de scène « Fast Beat », M. Tam est poursuivi pour cinq chefs d’accusation de « sédition » pour des slogans qu’il avait scandés ou écrits entre janvier et juillet 2020. Il est aussi poursuivi pour incitation à un rassemblement illégal notamment.

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Au début de son procès jeudi, l’accusation a lu quelques-uns de ces slogans, ainsi que des discours prononcés par M. Tam, qui étaient souvent ponctués de jurons en cantonais. « Libérez Hongkong, la révolution de notre temps ! », « Policiers corrompus, que votre famille aille en enfer ! » font partie des slogans pour lesquels il est poursuivi, de même que « Démantelez la police de Hongkong sans attendre ! » ou encore « A bas le Parti communiste de Chine ! ».

Ce procès occupe une place importante dans le processus de reprise en main musclée lancé l’an passé par Pékin, après l’immense mobilisation populaire de 2019. Il devrait permettre de déterminer les phrases désormais interdites aux yeux de la justice locale.

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Concept flou

Mardi, un tribunal a reconnu Tong Ying-kit, un serveur hongkongais âgé de 24 ans, coupable de terrorisme et d’incitation à la sécession dans le premier procès instruit au nom de la loi sur la sécurité nationale. Pendant ce procès, les magistrats avaient estimé que la formule « Libérez Hongkong, la révolution de notre temps ! », qui était l’un des principaux slogans des manifestants en 2019, était une proclamation sécessionniste, tombant sous le coup de la loi sur la sécurité nationale.

Le procès de M. Tam avait été retardé pour que les juges prennent connaissance de l’issue de celui du serveur.

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A Hongkong, la sédition est un concept flou qui peut s’appliquer à toute parole de « haine, outrage ou désaffection » à l’égard du gouvernement. Cette loi héritée de la colonisation est dénoncée par certains comme une atteinte à la liberté d’expression. Aucune condamnation pour sédition n’a été prononcée pendant des décennies avant le retour de Hongkong dans le giron de la Chine, en 1997.

Cinq membres d’un syndicat hongkongais d’orthophonistes ont déjà été arrêtés pour sédition pour une série de livres pour enfants sur un village de moutons en résistance contre des loups. Trois d’entre eux ont été mis en examen et placés en détention provisoire.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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