« Idoles », une immersion dans l’univers impitoyable de la K-pop

Livre. La K-pop ne cesse de conquérir le monde. Désormais incontournable sur la scène musicale mondiale, la pop sud-coréenne génère des talents à un rythme typiquement coréen, ultrarapide. L’arrière-cour de cette véritable industrie, forgée du même métal que les chaebols (conglomérats locaux) avec leur discipline de fer et leur rythme de travail insensé, reste pourtant mal connue. Idoles, de Marianne Weller, en dévoile certains aspects à travers le groupe TVXQ, cinq garçons dans le tourbillon du star system.

L’autrice, mère d’une fan de K-pop, a découvert la Corée du Sud en 2017. Elle décrit ce groupe né en 2003 de l’imagination féconde de Lee Soo-man, fondateur de la maison de production SM Entertainment (SHINee, Girls Generation…), alors en quête de renouvellement après la dissolution du groupe H.O.T. et la fracassante rupture avec le boys band Shinhwa.

Les cinq talentueux adolescents, alors âgés de 15 à 17 ans, travaillent comme des forcenés, « quatre heures de sommeil par nuit, sept jours de travail par semaine ».

Poursuivis par les fans

Le succès vient vite. TVXQ conquiert l’Asie et enchaîne les records de ventes d’albums ou de performances scéniques. Ses membres apprennent à vivre en stars à la mode sud-coréenne, avec ses bons et ses mauvais côtés, comme la plaie des « sasaeng » (Littéralement « vie privée »), ces fans qui pourchassent leurs idoles, multipliant les subterfuges pour pénétrer jusque dans leurs appartements et arracher des photos revendues à prix d’or.

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La belle mécanique s’enraye quand trois des membres, Jaejoong, Yoochun et Junsu, remettent en cause leurs conditions de travail. Un retentissant procès contre le « système » qui les a vus naître révèle les « contrats d’esclavagisme » – assortis d’une exclusivité sans cesse allongée jusqu’à atteindre treize ans –, qui les privent de quasiment tous leurs droits. « Ils ne savent pas combien ils gagnent et n’ont que l’impression de ne rien gagner. » D’après l’autrice, « la SM ne s’est engagée à les payer que si les ventes de chaque album dépassent des sommes astronomiques ».

Effacés des médias

Les trois vont au bout de la longue procédure, l’emportent, mais à quel prix… Ils se sont dressés contre l’ordre établi, ont brisé la sacro-sainte loi du silence, ont répandu la honte. Les voila littéralement effacés des médias.

Leur immense talent incite pourtant Baek Chang-joo, un ancien agent qui les conseille pendant le procès, à les convaincre de former un nouveau groupe, JYJ. M. Baek investit tout ce qu’il a dans C-JeS, une agence de production créée spécialement pour eux. Leur popularité en Asie, et principalement au Japon, permet à JYJ de poursuivre une riche carrière tandis que TVXQ survit avec les deux membres restant.

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via LeMonde

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