Immobilier : en Suède, le marché locatif « universel » à la peine

Des immeubles résidentiels du quartier d’Hammarby Sjöstad, à Stockholm, en Suède, le 1er juin 2021.

En mai, Monisha Mohan, 33 ans, enseignante adjointe dans une école internationale à Lund, ville universitaire du sud de la Suède, a dû quitter l’appartement qu’elle louait depuis un an. « Mon propriétaire n’a pas eu l’autorisation du syndic de prolonger le bail. » La jeune femme a eu de la chance : elle a trouvé un studio, non loin de son travail, à 700 euros pour 30 mètres carrés. Le contrat est d’un an. Elle espère qu’il sera renouvelé.

D’origine indienne, Monisha a déjà déménagé quatre fois depuis qu’elle est arrivée dans le pays, en 2014. Elle s’est pourtant inscrite auprès de la société municipale de logement en 2018. Mais il faut patienter entre cinq et dix ans pour décrocher un appartement.

Lund n’est pas une exception. A Stockholm, la durée moyenne pour obtenir un contrat de location est de neuf ans. A Göteborg, la deuxième ville du royaume scandinave, située sur la côte ouest, il faut compter six ans. A Malmö, dans le sud du pays, c’est mille huit jours, soit un peu moins de trois ans.

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Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que ce soit sur un projet de réforme prévoyant la libéralisation partielle des loyers que le premier ministre, Stefan Löfven, ait été renversé, le 21 juin 2021. Jamais auparavant, dans l’histoire nationale, un chef du gouvernement n’avait été démis de ses fonctions par un vote de défiance des députés.

La crise n’a duré que seize jours, le temps que le leader social-démocrate soit rétabli dans ses fonctions. Cependant, cet épisode a montré à quel point le sujet divisait, dans un pays où tous les partis s’accordent à reconnaître les dysfonctionnements du marché locatif, sans pour autant s’entendre sur les solutions.

Pour comprendre le problème, il faut revenir sur les spécificités du modèle suédois. Première particularité : le royaume a fait le choix, très tôt, de ne pas construire de logements sociaux, préférant opter pour un système universel. « L’idée développée par les sociaux-démocrates, après la guerre, était que si l’on construisait suffisamment, il y aurait assez de logements pour tout le monde », explique Hans Lind, ancien professeur en économie de l’immobilier, aujourd’hui à la retraite.

Réglementation stricte

Depuis 1947, ce sont les communes qui sont chargées de veiller à ce que l’offre réponde à la demande. Rassemblées au sein de l’organisation Sveriges Allmännytta (Logement public Suède), les sociétés municipales de logement possèdent ensemble 915 000 appartements parmi le 1,6 million en location. Le reste est géré par des sociétés immobilières.

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via LeMonde

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