Impatient face à l’administration Biden, l’Iran multiplie les entorses à l’accord sur son programme nucléaire

Le président Hassan Rohani lors d’un conseil des ministres à Téhéran, le 17 février. Le président Hassan Rohani lors d’un conseil des ministres à Téhéran, le 17 février.

Les tractations autour du dossier nucléaire iranien sont passées à la vitesse supérieure. En annonçant, lundi 15 février, son intention de restreindre, dès le 23 février, l’accès des enquêteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à certains de ses sites nucléaires, Téhéran entendait mettre la pression sur les Etats-Unis pour revenir dans l’accord sur le nucléaire iranien (JCPoA), signé en 2015 avec le groupe des « 5+1 » – les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Russie et Chine) et l’Allemagne.

La suspension des mesures de surveillance de l’AIEA, étape critique dans la stratégie que la République islamique a mené depuis 2019 pour s’affranchir d’un grand nombre de ses engagements après le retrait unilatéral décrété par l’ancien président américain Donald Trump en 2018, et le retour des sanctions américaines qui asphyxient l’économie iranienne, a eu l’effet escompté, suscitant une vague de réactions inquiètes.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Entre Ali Khamenei et Joe Biden, qui fera le premier pas vers l’apaisement ? »

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a annoncé qu’il se rendrait en Iran le 21 février pour « trouver une solution mutuellement acceptable », a annoncé l’agence onusienne, qui s’alarme du « sérieux impact » des limitations prévues par l’Iran.

Mercredi 17 février, la chancelière allemande Angela Merkel a appelé le président Hassan Rohani pour lui faire part de son « inquiétude » face aux multiples entorses de Téhéran vis-à-vis de l’accord. En retour, le chef de l’Etat iranien a « critiqué les performances européennes » pour faire respecter les engagements prévus par le JCPoA depuis le retrait américain. Les chefs des diplomaties française, britannique et allemande discuteront, jeudi, avec les Etats-Unis du sauvetage de l’accord.

Peu de chances que les sanctions soient levées

La nouvelle administration américaine, emmenée par le président Joe Biden, exige que l’Iran se mette en conformité avec le « deal » pour que les Etats-Unis fassent de même. Téhéran, de son côté, exige, que le premier pas soit fait par Washington.

Mercredi, le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, la plus haute autorité du pays, a réclamé des « actes », non « des paroles » de Washington. « Nous avons entendu beaucoup de belles paroles et de promesses qui, confrontées à la réalité, n’ont pas été tenues, et des décisions opposées ont même été prises (…). Cette fois, [nous ne voulons] que des actes de la part de la partie adverse et nous agirons également de la sorte », a-t-il soutenu lors d’un discours diffusé en direct à la télévision iranienne.

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via LeMonde

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