Implants vaginaux défectueux : des patientes sud-africaines portent plainte

Le logo de Johnson & Johnson sur un kit de premiers secours, en février 2021.

Après des milliers d’autres plaintes à travers le monde, des patientes sud-africaines ont, à leur tour, décidé de poursuivre des multinationales pharmaceutiques pour d’importants dégâts causés par des prothèses vaginales.

Parmi les plaignantes, Suzette Roodt, 57 ans, avait été soulagée de pouvoir, grâce à un nouvel emploi, s’offrir un implant synthétique pour traiter son incontinence. Mais dès sa sortie de l’hôpital, elle avait compris que « quelque chose clochait ». La maille était défectueuse et a durci dans son corps, provoquant une obstruction complète de la vessie, des lésions et des douleurs chroniques.

Six ans plus tard, cette femme, attachée à un cathéter, a rejoint une dizaine d’autres Sud-Africaines pour poursuivre le groupe danois Coloplast et Ethicon, filiale du groupe américain Johnson & Johnson, pour des blessures subies par ces implants préconisés en cas de descente d’organes et d’incontinence. Ces implants, sous forme de maille, sont censés fonctionner comme une sorte d’échafaudage intérieur. « On ne nous a jamais parlé d’autres options ou des risques encourus », dit Mme Roodt. « J’ai subi des dégâts permanents. »

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Des recours dans plusieurs pays

« Nous avons été contactés par de nombreuses femmes implantées avec des dispositifs que nous estimons défectueux fabriqués par ces deux sociétés », explique Zain Lundell, expert de ce type d’affaires. Les entreprises sont aussi accusées d’avoir lésiné sur les tests de performance et de ne pas avoir communiqué les risques liés à leur utilisation.

Si elle aboutit, cette plainte pourrait jeter les bases de demandes d’indemnisation pour des centaines d’autres Sud-Africaines. Johnson & Johnson a déjà perdu des recours similaires en Australie, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Dans ce dernier pays, les prothèses ont été classifiées à « haut risque » dès 2016 puis interdites en 2019. Des complications surviennent chez 15 à 25 % des femmes, selon une étude de BioMed Research International. En France, une plainte contre X a également été déposée, en 2020, des chefs d’inculpation de tromperie, tromperie aggravée et blessures involontaires.

Mais en Afrique du Sud, aucune de ces informations n’a été communiquée à Chantell Bothma, 41 ans, quand elle a subi une descente d’organes après son accouchement. L’implant a tant cisaillé sa chair qu’elle a dû subir une hystérectomie [retrait de l’utérus, en entier ou en partie] quatre ans plus tard pour l’enlever. Et « ces machins sont toujours sur le marché », s’étonne-t-elle.

Ethicon, contacté par l’Agence France-Presse (AFP), rappelle que ces implants ont « contribué à améliorer la qualité de vie de millions de femmes » mais dit « compatir avec celles qui ont connu des complications ». Coloplast n’a pas répondu aux demandes de commentaires. En juin, le groupe américain Johnson & Johnson avait déjà été condamné définitivement, aux Etats-Unis, pour son talc, accusé de contenir de l’amiante qui aurait causé des cancers des ovaires.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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