« Investir dans les infrastructures des pays en développement est perçu comme un risque, ne pas le faire en ferait courir un plus grand »

Tribune. Cela fait quasiment trois décennies que les économies industrialisées peinent à sortir d’une situation de « stagnation prolongée ». Les signaux en sont les suivants : les taux de croissance potentiels sont bas, les taux d’inflation également, la croissance des salaires a été faible et reste en deçà de celle de la productivité du travail.

Par ailleurs, l’investissement productif a plongé et reste bas, les marchés financiers sont gorgés de liquidités insuffisamment dirigés vers l’économie productive. Enfin, les gains de productivité décroissent, y compris aux Etats-Unis, pays qui reste le plus avancé sur le plan technologique.

Un leurre

Ce phénomène a longtemps été masqué par deux facteurs.

Le premier a été la croissance phénoménale de la Chine au cours des vingt-cinq dernières années, qui a soutenu la demande mondiale.

Le second a été le surendettement du secteur privé qui a artificiellement dopé la consommation.

Les économies des pays industrialisés se retrouvent d’autant plus piégées dans des équilibres de sous-emploi durables que les crises à répétition (crise financière de 2008, crise des dettes publiques européennes, crises sanitaires) ont deux effets nocifs : elles prolongent les durées des récessions, et surtout, font s’affaisser les trajectoires de croissance potentielle que les gains de productivité et les innovations maintiennent à peine.

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Penser que l’on pourra sortir de ces situations par des endettements publics massifs, en inondant les marchés financiers de liquidités, ou en contraignant des pays pauvres à commercer grâce à des accords régionaux est un leurre.

Une solution plus soutenable est de provoquer un choc de demande mondiale de grande ampleur. Ce choc ne peut venir que des pays en développement. Les regards se tournent vers l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est où les besoins de développement nécessitent la construction massive d’infrastructures dans tous les secteurs d’activité (la santé, les transports, l’énergie, le numérique). L’essentiel du financement de ces infrastructures sera fourni par des capitaux privés.

Une condition

L’abondante liquidité disponible sur les marchés financiers internationaux des pays riches pourrait servir à cela. Mais à une condition qui est loin d’être remplie : investir dans les infrastructures de ces pays devrait être perçu comme des investissements sûrs (au même titre, par exemple, que les obligations souveraines des pays industrialisés ou que les titres émis par des start-up dans des secteurs en pointe comme le numérique ou les biotechnologies).

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via LeMonde

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