Iran : l’arrestation de deux enseignants français, signe de la hausse des tensions sociales dans le pays


Le drapeau iranien flotte sur une plateforme pétrolière du golfe Persique, en juillet 2019.

Une nouvelle affaire de « prisonniers-otages » va empoisonner les relations entre Paris et Téhéran, déjà au plus bas. Le ministère français des affaires étrangères a annoncé, jeudi 12 mai, l’arrestation « sans fondement » de deux Français en Iran, exigeant leur « libération immédiate » et promettant de « rester pleinement mobilisé à cette fin ».

L’ambassadeur de France à Téhéran s’efforçait d’obtenir un accès consulaire auprès de ces deux personnes et le chargé d’affaires de l’ambassade d’Iran à Paris a été convoqué au Quai d’Orsay, a affirmé le ministère dans un communiqué.

Mercredi, le ministère iranien des renseignements avait annoncé l’arrestation de deux « enseignants européens », sans préciser leur nationalité, mis en cause pour avoir cherché à « provoquer le chaos et le désordre social dans le but de déstabiliser » le pays. Ils sont notamment accusés d’avoir rencontré des membres du Conseil de coordination des associations d’enseignants iraniens, un réseau syndical qui lutte contre la dégradation du niveau de vie et la répression.

Les deux ressortissants français, un couple d’enseignants membres de la confédération syndicale Force ouvrière (FO), auraient été interpellés à l’aéroport de Téhéran, le 8 mai, alors qu’ils s’apprêtaient à rentrer en France, selon le média Iran International, publié au Royaume-Uni. Au sein de la Fédération nationale de l’enseignement, de la culture et de la formation professionnelle-FO (Fnec FP-FO), on assure qu’ils étaient en visite dans le pays à titre privé pour les vacances.

Mais leur profil, l’un d’eux étant membre de la direction de la fédération chargé des relations internationales du syndicat, a dû éveiller l’intérêt des services de sécurité de l’Iran. Les deux Français seraient entrés dans le pays le 29 avril, soit deux jours avant une mobilisation nationale, le 1er mai, des travailleurs du secteur de l’éducation ; elle a donné lieu à des rassemblements et à des manifestations dans près de soixante villes à travers les vingt et une provinces du pays dans un climat tendu.

Réveil social

Depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord sur le dossier nucléaire iranien, en 2018, à l’initiative de l’administration de l’ancien président Donald Trump, des sanctions américaines ont été réimposées à la République islamique d’Iran, entraînant le pays dans une spirale inflationniste. La monnaie locale a perdu 80 % de sa valeur face au dollar et le taux d’inflation flirte avec les 40 % en rythme annuel.

Le front social s’est réveillé. Fonctionnaires, ouvriers de la pétrochimie ou encore retraités multiplient les manifestations contre la dégradation de leur niveau de vie et la corruption – qu’ils attribuent aux élites du régime – vécue comme toujours plus insupportable. A la pointe de la contestation : le secteur de l’éducation.

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via LeMonde

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