Israël accentue son offensive avec l’arrestation de dix-neuf membres du Jihad islamique, et la poursuite de tirs sur Gaza


Des roquettes tirées par des militants palestiniens, de la ville de Gaza vers Israël, le 5 août 2022.

Les forces israéliennes ont élargi leur offensive contre le Jihad islamique, samedi 6 août, en annonçant l’arrestation de dix-neuf membres de cette organisation armée en Cisjordanie et en lançant de nouvelles frappes contre elle à Gaza.

Au total, vingt personnes ont été arrêtées par des soldats et des agents des services de sécurité du Shin Bet lors d’opérations menées samedi matin, « dont 19 sont des membres associés à l’organisation palestinienne terroriste du Jihad islamique », a affirmé l’armée israélienne dans un communiqué.

Et à Gaza, le calme n’est pas revenu. Les forces israéliennes ont également continué à bombarder l’enclave palestinienne, et le groupe armé Jihad islamique à envoyer des roquettes vers l’Etat hébreu dans les premières heures de samedi. A 4 h 30 locales (2 h 30, heure de Paris), les alertes aux raids aériens et les frappes israéliennes avaient diminué, du moins temporairement.

Avant cette dernière séquence nocturne, l’armée israélienne avait estimé avoir tué quinze combattants du Jihad islamique dans ses frappes ayant commencé vendredi après-midi, ciblant notamment des sites de fabrication d’armes, selon elle. Le ministère de la santé à Gaza a lui fait état de dix morts, « dont une fillette de cinq ans », et de 79 blessés.

Il s’agit de la pire confrontation entre l’Etat hébreu et des organisations armées de Gaza depuis la guerre de onze jours en mai 2021, qui avait fait 260 morts côté palestinien, parmi lesquels des combattants, et quatorze morts en Israël, incluant un soldat, d’après les autorités locales.

Les brigades Al-Qods, branche armée du Jihad islamique, ont dit avoir lancé vendredi « plus de cent roquettes » vers le sol israélien en guise de « première réponse » aux frappes israéliennes ayant notamment tué un des chefs du groupe, Tayssir Al-Jabari.

Des Palestiniens en deuil portent le corps de victimes tuées plus tôt lors d’une frappe aérienne israélienne, dans la ville de Gaza, le 5 août 2022.

L’Egypte s’efforce d’établir une médiation

En Israël, les sirènes d’alerte continuent de retentir dans des localités du sud, mais aucune victime ni dégât n’ont été identifiés par les tirs de roquettes, a rapporté l’armée. Celle-ci a fait état de 70 projectiles tirés depuis Gaza, dont onze ont atterri à l’intérieur de l’enclave palestinienne sous blocus israélien. Les roquettes restantes ont été interceptées par le bouclier antimissile israélien ou sont tombées dans des zones inhabitées en Israël.

L’Egypte, intermédiaire historique entre Israël et les groupes armés de Gaza, s’efforce d’établir une médiation et pourrait accueillir une délégation du Jihad islamique ce samedi, ont fait savoir des responsables égyptiens à l’Agence France-Presse (AFP) à Gaza. La diplomatie égyptienne avait auparavant indiqué mener des discussions « sans relâche afin de calmer la situation et préserver les vies et les biens ».

L’Etat hébreu a présenté ces raids comme une « attaque préventive » contre le Jihad islamique, quelques jours après l’arrestation d’un chef de l’organisation en Cisjordanie occupée qui avait fait craindre des actions en représailles, a déclaré un porte-parole militaire israélien, Richard Hecht.

« Israël a mené une opération de contre-terrorisme précise contre une menace immédiate », a expliqué le premier ministre israélien Yaïr Lapid à la télévision. « Le Jihad islamique est un supplétif de l’Iran qui veut détruire l’Etat d’Israël et tuer des Israéliens innocents. (…) Nous ferons tout ce qu’il faut pour défendre notre peuple », a-t-il ajouté.

« Votre temps est compté »

La première salve de frappes a notamment visé un quartier résidentiel dans le centre de la ville de Gaza. Des journalistes de l’AFP ont vu des blessés être évacués par les services de secours, des pompiers s’activer pour éteindre des incendies et des habitants se presser dans des morgues.

Le Jihad islamique, organisation considérée comme terroriste par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne, a accusé l’Etat hébreu d’avoir « déclenché une guerre ». « L’ennemi sioniste a commencé cette agression et doit s’attendre à ce que nous nous battions sans relâche », a déclaré son secrétaire général, Ziad al-Nakhala, dans un entretien avec la télévision libanaise Al-Mayadeen, à Téhéran, la capitale iranienne.

Ces derniers jours, Israël avait déployé des renforts à proximité de l’enclave de 2,3 millions d’habitants, gouvernée par les islamistes du Hamas et où le Jihad islamique est bien implanté. Des routes avaient été bloquées et des trains supprimés.

En 2019, la mort d’un commandant du Jihad islamique dans une opération israélienne avait donné lieu à plusieurs jours d’échanges de tirs meurtriers entre le groupe armé et Israël. Le Hamas, qui a combattu l’Etat hébreu dans plusieurs guerres depuis sa prise du pouvoir en 2007, s’était lui tenu à distance des affrontements.

« A nos ennemis, et particulièrement aux responsables du Hamas et du Jihad islamique palestinien, je voudrais insister : votre temps est compté », a déclaré vendredi le ministre israélien de la défense Benny Gantz.

Une « très dangereuse escalade »

A Ramallah en Cisjordanie, la présidence palestinienne a condamné « l’agression israélienne ». L’émissaire des Nations unies (ONU) pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, s’est dit « profondément préoccupé », s’alarmant dans un communiqué d’une « très dangereuse escalade ».

Israël impose depuis 2007 un strict blocus à Gaza, micro-territoire miné par la pauvreté et le chômage. L’armée israélienne a ordonné mardi la fermeture des passages frontaliers, contraignant des milliers de Gazaouis, titulaires de permis de travail en Israël, à rester chez eux. Cette fermeture a ralenti la livraison de diesel, nécessaire pour alimenter la centrale électrique de Gaza. Cette unique centrale risque de cesser de fonctionner en raison d’un manque de carburant, avait alerté jeudi son directeur.

Environ 50 personnes quittant normalement quotidiennement l’enclave pour des soins ont également été affectées, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le Monde avec AFP

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess