Israël « achète la bonne volonté » de pays alliés avec ses surplus de vaccins anti-Covid

Un ambulancier des services médicaux israéliens du Magen David Adom prépare une dose du vaccin Pfizer-BioNtech, à Beit Shemesh, le 22 février 2021.

Ses stocks de vaccins assurés, Israël utilise des surplus pour « acheter la bonne volonté » de pays amis, a reconnu, mercredi 24 février, le premier ministre, Benyamin Nétanyahou. Alors que nombre d’experts de santé l’engageaient à transférer ces doses aux territoires palestiniens, intimement connectés à Israël, le gouvernement s’est engagé à en expédier quelques dizaines de milliers vers des Etats lointains, qui lui ont rendu des faveurs par le passé.

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La liste des bénéficiaires n’a pas été révélée officiellement, mais la chaîne de télévision publique Kan en évoque dix-neuf. Plusieurs d’entre eux ont récemment reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, en dépit du statut disputé de la Ville sainte, ou ont signalé leur volonté d’y maintenir ou d’y déménager leur ambassade : le Honduras, le Guatemala, la Hongrie, l’Ouganda et la République tchèque.

Le Tchad, qui a établi des liens diplomatiques avec Israël en 2019, et plusieurs pays africains entretenant des relations sécuritaires privilégiées avec le pays (Ethiopie, Kenya) en font également partie. Selon Kan, ces livraisons représenteraient au total 100 000 doses du vaccin de Moderna. Pas de quoi immuniser les employés d’un service de santé national, mais assez pour répartir des faveurs ou assurer un coup de communication. Dès mardi, la République tchèque et le Honduras ont confirmé avoir reçu une promesse de livraison de 5 000 doses.

Stocks plus que suffisants

Cette diplomatie du vaccin n’est pas une démonstration de puissance de l’ordre de celle que mène l’Inde – en compétition serrée avec la Chine –, en promettant d’offrir à ses voisins 20 millions de doses de Covishield, le vaccin du britannique AstraZeneca fabriqué sur son territoire. Elle ne se compare pas non plus aux efforts de la Russie pour faire reconnaître la valeur de son vaccin Spoutnik V et le partager avec ses alliés.

Israël se distingue en ceci qu’il ne produit pas ces doses. Il les a obtenues en masse avant tous les autres, en premier lieu auprès du laboratoire américain Pfizer, en promettant de lui livrer ses données médicales pour évaluer l’efficacité du vaccin en conditions réelles. Le pays aurait également déjà financé, par ailleurs, la semaine passée, la livraison de doses du sérum russe au régime syrien, pour faciliter la libération d’une citoyenne israélienne.

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Mercredi, M. Nétanyahou a rappelé que plus de 5 millions d’Israéliens ont déjà été vaccinés et que l’ensemble de sa population adulte (6,2 millions) pourrait l’être d’ici quelques semaines. Le premier ministre estimait que son pays disposait de stocks « plus que suffisants » et pouvait se permettre de réduire ceux constitués auprès du laboratoire Moderna.

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via LeMonde

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