Joe Biden à nouveau confronté aux divisions démocrates

Le président américain, Joe Biden, quitte une réunion avec les sénateurs démocrates, au Capitole, à Washington, le 13 janvier 2022.

Quel est l’intérêt de s’engager, en toute connaissance de cause, dans une impasse politique ? Cette interrogation escortait Joe Biden, jeudi 13 janvier, alors que le président effectuait une nouvelle visite au Capitole, pour essayer de mobiliser les troupes démocrates sur un sujet majeur : le droit de vote, mis à mal dans des dizaines d’Etat par des majorités républicaines. « Il s’agit de subversion électorale, et non pas juste de savoir qui peut voter ou pas », a expliqué le président, au terme d’une rencontre à huis clos avec les élus. « Je ne sais pas si on peut y arriver », a reconnu Joe Biden, au sujet de ses projets législatifs.

Lire notre analyse : Article réservé à nos abonnés Comment le Parti républicain fragilise la démocratie américaine

En ce début 2022, le Parti démocrate a délaissé les réformes socio-économiques pour relancer la défense du droit de vote. Un thème essentiel aux yeux de l’électorat noir, frustré par les tentatives infructueuses au Congrès depuis un an. Adopté dans la matinée à la Chambre des représentants, le projet de loi établirait des normes fédérales. Il rendrait le jour du scrutin férié, imposerait à tous les Etats la pratique du vote par anticipation et un accès au vote par courrier pour tous, etc. Il restaurerait par ailleurs une autorisation préalable du ministère de la justice avant toute modification de la loi électorale dans un Etat connu dans l’histoire pour ses discriminations.

Le chef de file démocrate au Sénat, Charles Schumer, s’est engagé à organiser un vote sur le sujet avant le 17 janvier, jour férié dédié à la mémoire de Martin Luther King. En raison de l’opposition de l’ensemble du bloc républicain, les démocrates n’ont d’autre choix pour faire passer ce texte que de s’attaquer à une règle parlementaire fondamentale, celle du « filibuster ». Il faut une majorité de 60 voix sur 100 pour faire passer le projet. Mais une nouvelle fois, deux sénateurs démocrates, Joe Manchin (Virginie-Occidentale) et Kyrsten Sinema (Arizona), s’opposent à un changement de procédure aussi radical. Kyrsten Sinema a expliqué mercredi qu’elle désapprouvait toute initiative qui aggraverait « la maladie de la division ».

Lire aussi Joe Manchin, le caillou dans la chaussure de Joe Biden

La déception des Noirs américains

Cette opposition de l’intérieur n’est pas une nouveauté. Avant Noël, Joe Manchin a fait dérailler le camp démocrate sur le projet le plus ambitieux de Joe Biden, le plan Build Back Better (BBB), gigantesque ensemble de dépenses pour revitaliser l’Etat-providence et investir dans l’économie verte. L’une de ses justifications fut la forte inflation, 7 % en un an, qui ne devrait pas inciter selon lui à des dépenses aussi conséquentes (1 800 milliards de dollars, environ 1 600  milliards d’euros). Cette même inflation représente sans doute le point le plus sombre dans la première année de mandat de Joe Biden, sans que sa responsabilité unique puisse être retenue.

Il vous reste 53.9% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess