Joe Biden appelle à la mobilisation électorale pour restaurer le droit à l’avortement


Joe Biden a signé, à la Maison Blanche, le 8 juillet 2022, un décret présidentiel visant notamment à défendre les droits reproductifs des Américaines.

Une fillette de 10 ans vit dans l’Ohio, Etat où aucun avortement au-delà de six semaines n’est autorisé. C’est ce que dit la loi, entrée en vigueur immédiatement après la décision de la Cour suprême des Etats-Unis, le 24 juin, enlevant aux femmes le droit constitutionnel d’avorter. Cette fillette de 10 ans a été violée. Elle est tombée enceinte. Pour quelques jours, elle dépassait le délai autorisé. Il a donc fallu la conduire en Indiana pour procéder à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). « Je ne peux pas imaginer une chose plus extrême que ça », a dit Joe Biden, vendredi 8 juillet, au moment de signer un décret présidentiel symbolique, visant à défendre les droits reproductifs.

Conscient de la frustration et de la colère régnant dans les rangs démocrates, le président américain a insisté sur cet exemple marquant pour épouser ces sentiments au lieu d’en être la cible secondaire. « Nous ne pouvons permettre à une Cour suprême, travaillant en lien avec les éléments extrémistes du Parti républicain, d’enlever des libertés et notre autonomie personnelle, a-t-il dit. Le choix auquel nous sommes confrontés comme nation est celui entre le courant dominant et le courant extrême. Entre aller de l’avant ou en arrière. »

Mais son intervention n’a pas levé le malaise. La Maison Blanche a paru désarçonnée par la Cour suprême, alors qu’un brouillon de la décision avait fuité deux mois plus tôt, ne laissant guère de doute sur l’orientation choisie.

Depuis, l’administration se contente d’un magistère de l’indignation, en raison de limitations politiques bien identifiées au Sénat. Faute de super-majorité (60 voix sur 100), impossible d’inscrire le droit d’avorter dans la loi. Et pour lever cette exigence de rassembler une super-majorité, encore faudrait-il que les cinquante sénateurs démocrates acceptent ; deux manquent à l’appel.

Bataille judiciaire féroce

L’administration a aussi rejeté la suggestion d’un état d’urgence de santé publique, réclamé par certaines organisations de défense des droits reproductifs. Argument retenu : une telle déclaration ne débloquerait ni prérogatives décisives ni moyens conséquents. De la même façon, la Maison Blanche n’a pas repris l’idée d’organiser les soins abortifs sur des terrains fédéraux – comme des bases militaires – se trouvant dans les Etats les plus répressifs. Cela aurait eu des ramifications très complexes en termes de responsabilité pénale pour les participants.

Dès lors, « le chemin le plus rapide à disposition », selon Joe Biden, est une vaste mobilisation lors des élections de mi-mandat, en novembre. « J’espère et je crois fortement que les femmes se présenteront en nombre record pour reprendre les droits qui leur ont été enlevés par la Cour », a-t-il ajouté, en insistant sur l’urgence absolue face à la vague réactionnaire dans les Etats républicains. Une bataille judiciaire féroce est engagée dans tout le pays pour contester l’application des « trigger laws », les législations prêtes à l’emploi qui n’attendaient que la décision de la Cour suprême pour entrer en vigueur.

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via LeMonde

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