Joe Biden échoue à imposer la hausse du salaire minimum dans son plan de relance

Le président américain Joe Biden, lors d’une réunion virtuelle de l’Association nationale des gouverneurs, le 25 février à Washington.

Le vaste plan de relance voulu par Joe Biden ne peut pas inclure la hausse prévue du salaire minimum, a tranché jeudi 25 février la responsable chargée de protéger les règles du Sénat, condamnant de fait cette clause à disparaître du projet de loi.

Malgré ce revers, le président américain a immédiatement exhorté le Congrès à « avancer rapidement pour adopter le plan de sauvetage américain ». Il « inclut des chèques d’aide de 1 400 dollars pour la plupart des Américains, des fonds pour lutter contre le virus, des financements pour que nos écoles rouvrent et une aide dont ceux qui ont été le plus durement touchés par cette crise ont désespérément besoin », a souligné la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki.

« Le président Biden est déçu par ce résultat, puisqu’il avait proposé d’inclure la hausse du salaire minimum à 15 dollars » dans son vaste plan estimé à 1 900 milliards de dollars, a-t-elle indiqué dans un communiqué. « Il travaillera avec les dirigeants du Congrès pour déterminer la meilleure voie à suivre car personne dans ce pays ne devrait avoir à travailler à temps plein tout en vivant dans la pauvreté », a-t-elle précisé.

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Premier vote ce vendredi

Des propos sur la même ligne que ceux du chef de la majorité démocrate au Sénat Chuck Schumer, qui laissent entendre que les responsables du parti sont décidés à avancer vers l’adoption du plan même sans cette disposition, qu’ils tenteront de faire passer dans une loi distincte. La Chambre des représentants doit voter dès vendredi sur le plan d’aide.

Après l’annonce que la hausse du salaire minimum devait être retirée du texte au Sénat, la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi a affirmé qu’elle la maintiendrait dans le texte qui sera soumis au vote, dont l’heure n’a pas encore été annoncée. « Les démocrates de la Chambre estiment que la hausse du salaire minimum est nécessaire. Cette disposition restera donc dans le plan de sauvetage américain qui sera soumis au vote demain », a-t-elle écrit.

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Concrètement, cela implique une plus longue navette parlementaire. Compte tenu de leur majorité à la chambre basse, ce projet de loi a de fortes chances d’y être facilement adopté. Il sera ensuite envoyé au Sénat, où la hausse du salaire devrait être retirée. S’il y est à son tour adopté, ce texte repartira à la Chambre pour un vote final.

Soutien des grandes entreprises

Si certains progressistes ont appelé à se battre pour outrepasser la décision jeudi soir d’Elizabeth MacDonough, experte parlementaire et gardienne des procédures de la chambre haute, son retrait pourrait dans les faits faciliter l’adoption du plan de soutien à l’économie américaine, frappée par la pandémie de Covid-19. La hausse du salaire minimum horaire divisait en effet certains démocrates progressistes et modérés. Or avec sa très mince majorité au Sénat, le parti a besoin d’unité pour faire passer ses lois.

En présentant son plan le 14 janvier, Joe Biden avait indiqué qu’il souhaitait le faire adopter d’ici début février. Le temps presse, notamment car le versement d’allocations-chômage prolongé dans un précédent plan d’aide cessera le 14 mars. Plusieurs dizaines de patrons des plus grandes entreprises américaines, de Goldman Sachs à Apple en passant par General Motors, avaient appelé mercredi le Congrès à adopter rapidement ce nouveau plan de soutien.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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