Joe Biden renoue avec Mohammed Ben Salman mais repart les mains vides


Joe Biden et le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, au sommet sur la sécurité et le développement à Djedda (Arabie saoudite), le 16 juillet 2022.

« Si vous voulez obtenir quelque chose au Moyen-Orient, vous ne pouvez ignorer l’Arabie saoudite. » La formule, reprise comme un mantra par les éditorialistes et commentateurs du royaume saoudien depuis des années, a pris un relief particulier au terme de la visite de vingt-quatre heures effectuée par Joe Biden, vendredi 15 et samedi 16 juillet.

Le président américain est reparti après un sommet à Djedda durant lequel il a assuré à neuf chefs d’Etat de la région – les six membres du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Oman, Koweït, Bahreïn), ainsi que l’Egypte, la Jordanie et l’Irak – que son pays « ne se détournerait pas » du Moyen-Orient, en laissant « un vide que pourraient remplir la Chine, la Russie ou l’Iran ».

Les Etats du Golfe restent en effet dubitatifs par rapport aux engagements à long terme des Etats-Unis, qu’ils ne considèrent plus comme un rempart fiable face à leur rival iranien. L’administration Biden a de fait concentré l’essentiel de son énergie en matière de politique étrangère à faire face à la Chine, puis à la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine.

Washington cherche depuis à compenser son désengagement par un « parapluie israélien » qui verrait l’Etat hébreu mettre sa puissance militaire et technologique à la disposition des Etats prêts à s’allier à lui et rejoindre une alliance de défense régionale émergente contre Téhéran.

Pas de reconnaissance d’Israël par l’Arabie saoudite

Le résultat semble mitigé au sortir de cette visite. Riyad a décidé de s’en tenir pour l’instant à des relations informelles avec Tel-Aviv quand les Emirats arabes unis usent d’une rhétorique beaucoup plus prudente que leur nouvel allié israélien vis-à-vis de l’Iran.

Le face-à-face entre le président américain et le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, dit « MBS », était, lui, particulièrement attendu. Alors qu’il avait promis de traiter le prince héritier saoudien en « paria » après l’assassinat du journaliste et dissident saoudien Jamal Khashoggi en 2018, le chef d’Etat américain a dû se renier.

A son arrivée à la Maison blanche, Joe Biden, qui se disait déterminé à rompre avec la complaisance envers les autocrates pratiquée par Donald Trump, ne cachait pourtant pas son inimitié envers « MBS », qui a été désigné par la CIA comme le donneur d’ordre des assassins du journaliste dans l’enceinte du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

Le président américain avait même refusé de rencontrer, et même de parler, au dirigeant de facto de l’Arabie saoudite. Cette résolution a pris fin vendredi. Si les deux hommes ont discuté de l’affaire, selon des responsables des deux pays, la conversation a donné lieu à des comptes rendus sensiblement différents côtés américain et saoudien.

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via LeMonde

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