Joe Biden veut muscler le Buy American Act

Joe Biden, à la Maison Blanche, le 24 février 2021.

Début février, à Kansas City, General Motors a fermé son usine d’assemblage de Chevrolet Malibu et de Cadillac XT4. Dans la même ville, Ford est passé de deux à trois équipes dans l’usine de fabrication de pick-up F-150. En cause, la pénurie de microprocesseurs, qui affecte la planète entière. Ruée sur l’électronique grand public pendant l’épidémie de Covid-19, rebond plus fort qu’attendu dans l’automobile consommatrice de puces électroniques et trop grande dépendance vis-à-vis de l’Asie (Corée du Sud, Japon, Chine, Taïwan) : voici les ingrédients qui font que les usines automobiles américaines sont en partie à l’arrêt, au grand dam du président Joe Biden, qui a axé une grande part de sa campagne électorale sur le soutien aux grands constructeurs traditionnels américains et à l’électorat syndiqué.

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De fait, le président des Etats-Unis a convoqué à la Maison Blanche en grande pompe une dizaine de sénateurs, républicains et démocrates, pour bien montrer que l’affaire dépassait les clivages partisans, et signé, mercredi 24 février, un décret présidentiel pour sécuriser les filières d’approvisionnement américaines. Il lance pour cela une étude, qui va durer cent jours, concernant trois autres domaines décisifs : les batteries électriques, les terres rares, qui entrent dans la production des matériaux modernes, et les produits pharmaceutiques. La fabrication de 70 % des principes actifs pharmaceutiques aurait été délocalisée, selon la Maison Blanche.

Humiliés

Les Américains furent humiliés de manquer de masques au début de la pandémie, lorsque les Chinois ont réorienté leur production vers leur propre population. « Les Américains ne devraient jamais faire face à des pénuries de biens et de services sur lesquels ils comptent, que ce soit leur voiture, leurs médicaments sur ordonnance ou la nourriture de l’épicerie locale », a déclaré le président Biden, mercredi, relançant ainsi les hostilités avec la Chine, sans la nommer. « Nous ne devrions pas avoir à compter sur un pays étranger en particulier un pays qui ne partage pas nos intérêts ou nos valeurs pour protéger et subvenir aux besoins de notre population en cas d’urgence nationale. »

Les démocrates du Congrès sont derrière le président. Le New-Yorkais Chuck Schumer, leader de la majorité démocrate au Sénat, a annoncé son intention de déposer un projet de loi pour « gagner la compétition contre la Chine et créer de nouveaux emplois américains ». Le texte est censé encourager les investissements dans les semi-conducteurs, qualifiés de « point faible dangereux de notre économie », ainsi que la 5G, l’intelligence artificielle et la recherche biomédicale.

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via LeMonde

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