Juan Carlos, ex-roi d’Espagne, signe un chèque de 4 millions d’euros au fisc et croit en sa rédemption

L’ancien roi espagnol Juan Carlos au parlement de Madrid, le 6 décembre 2018.

Près de 4,4 millions d’euros. Le montant payé par Juan Carlos au Trésor public espagnol pour régulariser sa délicate situation fiscale s’est affiché en « une » des principaux sites d’information du royaume, vendredi 26 février. Ce versement a pour objectif de lui permettre d’échapper à la justice espagnole, qui enquête sur son patrimoine et les révélations sur sa fortune cachée en Suisse depuis près d’un an.

Après s’être déjà acquitté, en décembre, du paiement de 680 000 euros pour les « donations » d’un ami mexicain, l’ancien roi d’Espagne a, cette fois, effectué un versement correspondant à « des voyages et autres services » fournis par la Fondation Zagatka, comme l’a détaillé son avocat dans un bref communiqué. Créée en 2003 au Lichtenstein, cette fondation, dont le titulaire officiel est un lointain cousin, Alvaro d’Orléans-Bourbon, s’est notamment chargée de payer les discrets voyages du monarque de 82 ans, en jet privé, jusqu’en 2018, selon le quotidien El Pais.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Après les révélations sur la fortune cachée de son père, Juan Carlos, en Suisse, le roi Felipe VI le répudie

Si l’intérêt judiciaire de cette régularisation volontaire ne fait pas de doute, la presse espagnole s’est aussi interrogée sur la possibilité qu’elle anticipe le retour du roi émérite. Poussé à l’exil par son fils, Felipe VI, qui voulait se protéger des scandales, Juan Carlos vit aux Emirats arabes unis depuis le mois d’août et ne rêve que de revenir près des siens, selon des sources proches. Qu’il puisse le faire, cependant, suscite encore de nombreux doutes, tant la réputation du roi émérite est encore jugée préjudiciable pour celle de l’institution monarchique qu’essaie de redresser Felipe VI.

Le chef du gouvernement, le socialiste Pedro Sanchez, a ainsi réagi à cette régularisation fiscale en exprimant « sa révulsion » à l’égard de « la conduite incivique » de l’ancien roi, pour aussitôt assurer que « Felipe VI a marqué un tournant en faveur de l’exemplarité, la transparence et le bon usage des fonds publics ».

« Sa responsabilité et son engagement »

Cependant, face à la croisade antimonarchique menée par les indépendantistes catalans et l’extrême gauche, mais aussi en écho à sa vie d’exilée aux Emirats et à sa santé précaire, le vieux monarque semble avoir regagné en partie l’estime d’un certain nombre de ses compatriotes. Une perception flagrante cette semaine, lors des commémorations du 40e anniversaire du coup d’Etat du 23 février 1981, qui ont vu défilé historiens, politiques et politistes dans les médias pour lui rendre hommage.

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via LeMonde

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