Kaliningrad, l’enclave russe sous tension


Le président russe Vladimir Poutine (de dos) et le gouverneur de Kaliningrad, Anton Alikhanov, le 16 août 2017 à Kaliningrad.

La Lituanie attend, fébrile. Depuis lundi 20 juin, les autorités russes promettent une réaction adaptée à ce que Moscou considère désormais comme un blocus de l’enclave russe de Kaliningrad, alors que Vilnius a commencé à appliquer des sanctions européennes qui touchent au transit de certaines marchandises transportées en train à travers le territoire lituanien entre la Russie continentale et l’enclave.

Le gouverneur de Kaliningrad, Anton Alikhanov, a alerté Moscou en affirmant que l’application du quatrième paquet de sanctions affecterait entre 40 % et 50 % des importations du territoire peuplé d’environ un million de Russes. Les mesures de représailles européennes concernent essentiellement le charbon, les métaux et les matériaux de construction, et seront étendues en juillet au ciment et à l’alcool.

Ces inquiétudes ont été amplifiées par le chargé d’affaires russe en Lituanie, Sergueï Ryabokon, qui a déclaré que l’interdiction du transit n’était plus seulement une affaire d’application de sanctions : « Il s’agit d’un blocus, d’un blocus partiel des cargaisons qu’ils mettent en œuvre de cette manière contre notre région. » Des mots qui pèsent lourd, car sa mise en place pourrait s’apparenter à un acte de guerre. Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, la Russie étudie une réponse sur les mesures de rétorsion envisagées « dans les jours qui viennent ». « Cette décision est vraiment sans précédent, a-t-il tempêté. Elle constitue une violation d’absolument tout. » Moscou a réclamé la levée immédiate de cette interdiction considérée comme « illégale ».

Sur les réseaux sociaux, la désinformation bat son plein et devient pour les prorusses la démonstration que l’OTAN est à la manœuvre pour provoquer la Russie et allumer la mèche de la troisième guerre mondiale.

Siège de la flotte russe de la mer Baltique

Mais ce n’était sans doute qu’une question de temps avant que Kaliningrad, coincée entre la mer Baltique, la Pologne et la Lituanie, et séparée de la Biélorussie et de la Russie continentale par ce que l’on appelle le corridor de Suwalki, sur 70 kilomètres, ne devienne une poudrière. L’enclave, où ont été déployés depuis quelques années des missiles antibalistiques Iskander, est aussi le siège de la flotte russe de la mer Baltique.

Tous les mois, une centaine de trains de passagers et de marchandises non militaires relient Kaliningrad à la Russie continentale en passant par la Biélorussie, alliée de Moscou, et la Lituanie, membre de l’Union européenne (UE) et de l’OTAN depuis 2004. La mise en place de ce transit était l’une des conditions imposées à la Lituanie lors de son adhésion à l’UE.

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via LeMonde

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