Kiev satisfait de l’« unité » de ses partenaires face à Moscou

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à Bruxelles, le 16 décembre 2021.

La menace d’une invasion militaire russe en Ukraine n’a pas disparu, mais Kiev a malgré tout un motif de satisfaction : depuis le début de la crise au printemps 2021 et le déploiement de 100 000 soldats russes aux frontières ukrainiennes, le pays bénéfice d’un fort soutien de ses partenaires américains et européens. Le sommet, mercredi 12 janvier, entre la Russie et l’OTAN, en a apporté une preuve supplémentaire. L’Alliance atlantique a ainsi répété son refus d’octroyer à Moscou un droit de regard sur une éventuelle adhésion de l’Ukraine.

La veille, le ministre des affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kuleba, s’était félicité de « l’unité et la cohérence des positions face (…) aux ultimatums russes », après les pourparlers, lundi, à Genève, entre la Russie et les Etats-Unis. Moscou « n’a pas le droit de vote » sur l’éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, a-t-il insisté.

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Selon Oleksiy Melnyk, codirecteur du centre de réflexion Razumkov, à Kiev, « l’Ukraine a de nombreuses raisons d’être satisfaite et reconnaissante envers ses partenaires internationaux, même si elle se plaint parfois de certains d’entre eux. Ils lui fournissent un soutien militaire et économique énorme, presque autant que si l’Ukraine était membre de l’OTAN ». Depuis le début de la guerre dans le Donbass et l’annexion de la Crimée par Moscou, en 2014, les Etats-Unis ont octroyé plus de 2,5 milliards de dollars (2,2 milliards d’euros) d’aide sécuritaire à l’ancienne république soviétique, dont 450 millions de dollars rien qu’en 2021.

L’effondrement de l’image de la Russie

Si le sommet entre la Russie et l’OTAN ne permet pas encore d’envisager une désescalade, la séquence de négociations internationales – qui s’est ouverte lundi à Genève et se poursuit jeudi à Vienne avec une réunion de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) – offre néanmoins à l’Ukraine un bref répit. « Pendant que les discussions continuent, au moins Poutine ne décide pas d’attaquer l’Ukraine », remarque M. Melnyk.

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De son côté, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a appelé mardi à un sommet quadripartite avec Moscou, Paris et Berlin pour « mettre fin au conflit » avec les séparatistes prorusses, soutenus par Moscou. Une demande restée, pour l’heure, lettre morte.

La guerre dans le Donbass, qui a déjà fait plus de 13 000 morts en près de huit ans, a en tout cas profondément changé la façon dont les Ukrainiens perçoivent leur grand voisin. Avant l’éclatement du conflit, plus de 80 % considéraient la Russie comme un pays ami, contre 8 % aujourd’hui, selon une étude publiée en 2021 par le centre Razumkov. Parallèlement, moins de 20 % soutenaient l’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN. Ils sont plus de 50 % aujourd’hui.

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via LeMonde

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