Kirghizistan : un référendum étend les pouvoirs du président

Le président du Kirghizistan, Sadyr Japarov, s’adresse aux médias dans un bureau de vote lors du référendum, à Bichkek, dimanche 11 avril 2021.

Les électeurs du Kirghizistan ont approuvé, dimanche 11 avril, à une large majorité, une réforme constitutionnelle accordant de plus larges pouvoirs au président et autorisant l’actuel chef de l’Etat, Sadyr Japarov, à briguer un second mandat, selon les résultats préliminaires d’un référendum.

Dimanche, après le dépouillement de plus de 75 % des bulletins de vote, la réforme constitutionnelle était en passe d’être approuvée avec près de 80 % des voix en sa faveur. La participation a été faible, mais elle a franchi la barre de 30 % requise pour que le référendum soit approuvé, comme l’a annoncé le vice-premier ministre, Ulugbek Karmyshakov, devant la presse. « Le référendum est validé », a-t-il déclaré.

Le système politique sur lequel les Kirghiz devaient se prononcer rapprocherait le Kirghizistan, le plus pluraliste mais aussi le plus instable des pays de la région, de ses voisins aux régimes autoritaires ou de la Russie.

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Une « khan-stitution »

La réforme constitutionnelle supprime notamment le mandat unique de six ans du président, introduit en 2010 après que deux chefs d’Etat successifs furent chassés par la rue sur fond de dérive clientéliste et autoritaire. A la place, le président pourra faire deux mandats de cinq ans et les pouvoirs du Parlement seront réduits, avec un nombre de députés passant de 120 à 90. Les détracteurs du projet de nouvelle constitution l’ont qualifiée par dérision de « khan-stitution ».

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et la Commission de Venise du Conseil de l’Europe ont toutes deux déploré le manque de « consultations publiques significatives et inclusives et de débat au Parlement » au sujet du texte. Les deux institutions disent aussi s’inquiéter « du rôle et des prérogatives trop importants du président » qu’il prévoit.

M. Japarov, un populiste de 52 ans porté au pouvoir en octobre à la faveur d’un mouvement de contestation violent et élu en janvier président du pays, s’est, depuis, employé à évincer ses rivaux politiques. Deux de ses opposants lors du scrutin présidentiel, ainsi qu’un ancien premier ministre, ont été arrêtés dans les semaines qui ont suivi le vote.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Sadyr Japarov, champion des « patriotes » kirghiz, prend le pouvoir

Le président russe, Vladimir Poutine, avait déclaré à la fin du mois de février, à l’occasion de la venue à Moscou de Sadyr Japarov, espérer que la réforme constitutionnelle renforcerait la stabilité et les relations bilatérales entre Moscou et Bichkek.

Comprendre : Pourquoi le Kirghizistan s’enfonce dans le chaos politique, en 4 points

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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