« La “bataille” d’Ellesmere Port cache l’enjeu du maintien de l’un des derniers socles industriels du Royaume-Uni »

Voitures garées après avoir quitté la chaîne de production de l’usine de fabrication de Vauxhall, à Ellesmere Port, dans le nord-ouest de l’Angleterre, le 22 février 2021.

Ellesmere Port est une petite bourgade tranquille du nord-ouest de l’Angleterre, au sud de Liverpool. Depuis 1962, elle respire l’automobile, avec l’implantation de l’usine Vauxhall, marque typiquement britannique, propriété d’Opel, puis de PSA et donc désormais du groupe Stellantis, né en janvier de la fusion de PSA avec Fiat Chrysler. L’usine d’Ellesmere Port emploie 1 000 personnes en direct et fait travailler près de 7 000 personnes dans les environs.

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Le brouillard qui enveloppe la ville, en ce mercredi 3 mars, obscurcit aussi l’avenir du dernier site industriel de Vauxhall. Sera-t-il levé lors de la présentation des résultats de Stellantis ce même mercredi ? Rien n’est moins sûr. Le bras de fer dure depuis des années entre Carlos Tavares, le patron de PSA et maintenant de Stellantis, et le gouvernement britannique. Dans l’attente d’un accord sur le Brexit, les investissements ont été gelés.

Un accord a été trouvé entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, mais un autre élément est venu complexifier le dossier. En novembre 2020, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a présenté un très ambitieux plan de lutte contre le réchauffement climatique. Et parmi ses mesures figure l’interdiction de la vente de véhicules à moteur thermique dès 2030, quand la plupart des pays européens ont fixé cette date autour de 2040.

Sébile tendue

Dès lors, Carlos Tavares a posé ses conditions. Soit le gouvernement subventionne la reconversion du site d’Ellesmere Port pour produire des voitures électriques, soit il le ferme. Lui qui a promis que son plan d’économies de 5 milliards d’euros, résultant de la fusion, ne passerait pas par des fermetures d’usines, ferait une exception pour l’Angleterre. Derrière cette bataille sur les côtes anglaises se cache un enjeu considérable pour le gouvernement de Sa Majesté, celui du maintien de l’un de ses derniers socles industriels.

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Face à la déconfiture de son industrie nationale dans les années 1980, le pays a choisi de devenir le porte-avions de la production automobile japonaise à destination de l’Europe. Toyota, Honda et Nissan se sont implantés en masse. L’usine Nissan de Sunderland est la plus grande d’Europe. Cette industrie est tournée à près de 80 % vers l’exportation, essentiellement en Europe. Or, le Brexit menace de détruire cette architecture. Ford a quitté l’île, Honda le fera cette année et Toyota s’interroge. Pour rester, en dépit du divorce européen et de l’ultimatum accéléré vers la conversion électrique, les constructeurs tendent tous la sébile.

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via LeMonde

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