La Belgique rapatrie des enfants et des femmes détenus en Syrie


Le général-major Vincent Descheemaeker, le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw et le premier commissaire divisionnaire Marc De Mesmaeker, lors d’une conférence de presse sur le retour des femmes djihadistes et des enfants de Syrie, à Bruxelles, le 21 juin 2022.

La Belgique a rapatrié, dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juin, seize enfants et six femmes, parties rejoindre l’organisation Etat islamique (EI), du camp de Roj, au nord-est de la Syrie, contrôlé par les forces kurdes, où ils étaient détenus. L’opération, encadrée par des militaires belges, est la deuxième du genre, après le retour, en juillet 2021, de dix enfants et six femmes. Selon le cabinet du premier ministre, Alexander De Croo, le but est de « mettre les enfants en sécurité et leur offrir un avenir ».

L’opération avait été préparée par des agents des services de renseignement, des policiers et des diplomates qui s’étaient rendus sur place afin de s’assurer de l’identité des femmes concernées et de procéder à des tests ADN destinés à prouver leurs liens de parenté. Elles devaient, pour être éligibles au retour, exprimer des regrets et affirmer leur renoncement à l’idéologie de l’EI. Deux mères ont refusé, interdisant ainsi le rapatriement de leurs cinq enfants. Deux autres femmes n’étaient pas éligibles, car elles n’ont pas d’enfant.

L’Organisme central d’analyse de la menace (OCAM), qui récolte toutes les données sur le terrorisme, juge depuis 2021 que rapatrier les mères permet de renforcer la sécurité du pays et d’exercer un meilleur contrôle. Il n’est pas question, en revanche, de ramener au pays la douzaine d’hommes qui se trouveraient encore dans les camps contrôlés par les forces kurdes.

Examen par des médecins et des psychologues

Avant les premiers rapatriements, les femmes ne recevaient aucune aide des autorités belges et, si elles voulaient regagner Bruxelles, elles devaient se débrouiller pour atteindre la Turquie, qui procédait alors à leur expulsion. A propos des enfants, la Belgique estime, contrairement à d’autres pays européens, qu’il est moins dangereux de les ramener des camps que de les laisser grandir sous l’influence de l’islamisme radical et, plus tard, revenir éventuellement en Europe sans contrôle.

A leur arrivée mardi matin, les 16 enfants – dont un orphelin –, tous âgés de moins de 12 ans, ont été placés sous l’autorité du parquet de la jeunesse. Ils ont été admis, selon le parquet fédéral antiterroriste, dans « un cadre approprié » après avoir été séparés de leur mère et examinés par des médecins et des psychologues. Leur sort futur sera déterminé « au cas par cas », a indiqué le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw.

Les six femmes ont, elles, été incarcérées dans différents établissements. Toutes avaient été condamnées par défaut pour participation aux activités d’un groupe terroriste. Les autorités judiciaires n’ont pas dévoilé leur identité, mais des fuites – déplorées par le parquet fédéral – ont permis à des journaux de révéler leur nom avant même leur arrivée et le fait que quatre d’entre elles avaient, avant leur transfert vers Roj, séjourné dans le camp d’Al-Hol, dont les forces kurdes auraient progressivement perdu le contrôle, au profit de membres de l’EI qui y font régner la terreur.

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via LeMonde

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