La Biélorussie expulse un consul polonais après sa participation à un hommage aux « soldats maudits » polonais

Des personnes tiennent un drapeau de la Biélorussie en signe de solidarité avec l’opposition au régime d’Alexandre Loukachenko, à la frontière polonaise, le 20 septembre 2020.

La Biélorussie a annoncé, mardi 9 mars, l’expulsion d’un consul polonais, protestant contre sa participation à un hommage aux « soldats maudits », du nom de ces soldats polonais qui luttèrent successivement contre les occupations allemande et soviétique.

« L’héroïsation des criminels de guerre est pour nous tout à fait inacceptable », a déclaré le ministère des affaires étrangères biélorusse dans un communiqué, en expliquant sa décision d’expulser le consul polonais de Brest (sud-ouest), Jerzy Timofejuk.

Depuis 2011, Varsovie commémore la Journée des « soldats maudits » chaque 1er mars.

Cette crise diplomatique intervient dans un contexte tendu entre les deux pays. La Pologne a ainsi mis en place un plan de solidarité pour aider les opposants au régime d’Alexandre Loukachenko. Ceux qui ont été blessés dans les manifestations ont, par exemple, été pris en charge dans un centre thermal de l’ouest de la Pologne.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La Pologne revendique son rôle de soutien à la « Biélorussie libre »

Selon le communiqué de la diplomatie biélorusse, M. Timofejuk a participé à un rassemblement « informel » consacré à cette commémoration et organisé par des organisations non gouvernementales (ONG) et des organisations de jeunesse liées à la Pologne, à Brest, à la frontière polonaise, le 28 février.

Mardi, le chargé d’affaires polonais en Biélorussie a été convoqué au ministère des affaires étrangères biélorusse qui a « fermement protesté » contre sa participation à ce rassemblement, précise le communiqué.

« La partie biélorusse ne remet pas et n’a jamais remis en question la possibilité et l’importance de la communication des diplomates avec leur propre diaspora », assure le communiqué. « Mais, dans notre pays, l’incitation à la haine raciale, nationale, religieuse (…) et la réhabilitation du nazisme, c’est un crime », souligne le texte.

Bataillons de résistance formés pour lutter contre les occupants allemands lors de la seconde guerre mondiale, les « soldats maudits » polonais s’étaient ensuite lancés dans la lutte contre l’occupation soviétique, agissant souvent de manière violente et s’en prenant parfois à tous ceux qui n’étaient pas Polonais, notamment aux Biélorusses. Leur lutte contre le pouvoir soviétique s’est poursuivie jusque dans les années 1950.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Vladimir Poutine et Alexandre Loukachenko mettent en scène leur entente autoritaire

Le Monde avec AFP

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

#LuBess