La chasse aux sangliers est ouverte à Hongkong

Des agents de la protection de la faune placent des aliments pour appâter les sangliers, à Hongkong, le 17 novembre 2021.

LETTRE DE HONGKONG

Deux ou trois fois par semaine, vers 18 heures, Mme Lam avait pris l’habitude de déverser des restes de nourriture dans le petit parc situé dans sa rue à Wong Chuk Hang, quartier industriel en reconversion dans le sud de l’île de Hongkong, pour faire descendre les sangliers de leurs collines avoisinantes. Et ils étaient assez fidèles au rendez-vous. Elle a donc été bouleversée d’apprendre qu’au moins sept bêtes, parmi lesquelles peut-être certains de ses habitués, avaient été neutralisées au fusil anesthésiant, avant d’être emportées pour être piquées.

Non loin de là, les équipes du ministère de l’agriculture, de la pêche et de la protection de la nature (AFCD) les avaient appâtées avec de la nourriture, quelques jours plus tôt. Cette opération a inauguré la nouvelle stratégie des autorités pour enrayer l’invasion de Hongkong par des sangliers. Depuis, d’autres battues semblables ont eu lieu.

Un mois plus tôt, le 12 octobre 2021, Leung Siu-fai, le directeur de l’AFCD, avait donné l’alerte devant le Parlement de Hongkong, affirmant que les mesures de contrôle en place depuis quatre ans, qui consistaient à attraper, stériliser puis relocaliser les animaux vers des zones non habitées, ne suffisaient plus. Il demandait l’autorisation d’éliminer les animaux les plus envahissants ou les plus agressifs. « Les gens aiment trop les sangliers. On a beau tout faire, on n’arrive pas à les empêcher de les nourrir. On est obligés d’en venir aux grands moyens », avait-il déclaré.

Plaintes en hausse

Car les plaintes liées aux sangliers, dont la population officielle est évaluée à 3 000 têtes pour l’ensemble de la région administrative spéciale, ont passablement augmenté : 562 pendant les six premiers mois de 2021, contre 401 pour la même période en 2020. Les spécialités de l’animal : défoncer les bidons de poubelles, même les plus solidement scellés dans les trottoirs, labourer les plates-bandes de fleurs, interrompre le trafic routier… Quelques attaques ont également eu lieu récemment. En octobre 2021, un policier a ainsi été renversé et mordu par un sanglier qu’il tentait d’attraper à Tin Hau. Et en septembre, la mère de la célèbre diva de la pop Coco Lee, âgée de 83 ans, a été grièvement blessée par un spécimen pesant entre 100 kg et 150 kg, alors qu’elle se promenait dans sa rue, Barker Road, dans le quartier huppé du Peak.

Mi-décembre, le journal en ligne Stand News faisait aussi le portrait d’un fermier dont les champs de maïs de Ngau Tam Mei (district de Yuen Long), au sein des nouveaux territoires, avaient été dévastés deux fois en une semaine par une horde de sangliers. Ses pertes s’élevaient à 60 % de sa récolte, l’empêchant désormais d’acheter le barbelé nécessaire pour protéger ses champs de futures incursions.

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via LeMonde

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