La Chine « assure la sécurité » des îles Salomon et s’impose dans le Pacifique


Le premier ministre chinois, Li Keqiang, à gauche, et le premier ministre des Îles Salomon, Manasseh Sogavare, lors d’une cérémonie d’accueil au Grand Palais du Peuple à Pékin, le mercredi 9 octobre 2019.

C’est un revers majeur pour l’Australie et les Etats-Unis. La Chine a déclaré, mardi 19 avril, avoir signé un accord-cadre de coopération en matière de sécurité avec les îles Salomon, un archipel de 700 000 habitants situé à environ 1 500 kilomètres au nord-est de l’Australie. L’accord a été signé par le ministre des affaires étrangères chinois, Wang Yi, et son homologue salomonais, Jeremiah Manele.

Le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Wang Wenbin, n’a indiqué ni où ni quand cet accord avait été conclu, mais l’annonce a été faite quelques heures avant qu’une délégation américaine de haut niveau envoyée par la Maison Blanche ne s’envole pour cet archipel de Mélanésie pour faire part des préoccupations de Washington. De son côté, le premier ministre des îles Salomon, Manasseh Sogavare, a indiqué mercredi 20 avril que l’accord avait été signé « les yeux ouverts » mais a refusé d’indiquer quand le contenu serait rendu public.

L’agence Reuters avait révélé en mars le contenu de la lettre d’intention signée par le ministre de la police des îles Salomon, Anthony Veke, et son homologue chinois, Wang Xiaohong, vice-ministre de la sécurité publique. Elle prévoit que les îles Salomon, qui occupent une place centrale sur la ligne de front entre les Etats-Unis et la Chine dans la région océanique, « pourront, selon leurs besoins, demander à la Chine d’envoyer des policiers, des militaires et d’autres forces armées, pour maintenir l’ordre social, protéger la vie des personnes et leurs propriétés, fournir de l’aide humanitaire, ou toute autre forme d’assistance ». De son côté, la Chine, « selon ses propres besoins, pourra procéder à des visites avec ses bateaux, pour apporter du réapprovisionnement logistique, conduire des escales et des transits. Des forces chinoises appropriées pourront être utilisées pour protéger la sécurité des travailleurs et des principaux projets chinois dans les îles Salomon ».

« Un précédent inquiétant »

En novembre 2021, des émeutes avaient secoué l’archipel, opposant les habitants de l’île principale de Guadalcanal à ceux de Malaita, dont les populations entretiennent des rivalités anciennes. Manasseh Sogavare avait affirmé que les manifestants qui protestaient contre la dégradation de leurs conditions de vie étaient manipulés par ceux qui s’opposent à sa décision, prise en 2019, de ne plus entretenir de relations diplomatiques avec Taïwan, au profit de Pékin. Plus de 200 soldats et gendarmes venus d’Australie, des Fidji et de Papouasie-Nouvelle-Guinée avaient alors été déployés dans l’archipel pour ramener l’ordre.

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via LeMonde

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