La Chine critique l’alliance entre Washington, Londres et Canberra et menace l’Australie

Le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Zhao Lijian, le 24 février 2020 à Pékin.

Sans surprise, la Chine n’a pas tardé à critiquer la fourniture par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne à l’Australie de la technologie permettant à Canberra de se doter de sous-marins nucléaires dans le cadre de la nouvelle alliance Aukus (Australie, United Kingdom, United States) lancée par la Maison Blanche, mercredi 15 septembre. Jeudi, Zhao Lijian, porte-parole du ministère des affaires étrangères, a jugé « totalement irresponsable » cet accord tripartite qui « met sérieusement à mal la paix et la stabilité régionale et intensifie la course aux armements ». Pour lui, cet accord fait douter de « la sincérité de l’Australie de respecter ses engagements de non-prolifération nucléaire ».

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A peu près au même moment, le quotidien nationaliste Global Times tenait des propos bien plus durs. « Le monde doit se préparer à une fièvre de sous-marins nucléaires », affirme-t-il. Surtout, le quotidien menace explicitement l’Australie. Alors qu’il n’y a pas de conflit géopolitique entre les deux pays, estime-t-il, « l’Australie se place elle-même dans une position d’adversaire de la Chine ». Avec, comme conséquence, qu’en cas de conflit, la Chine pourrait cibler les Australiens pour « envoyer un avertissement à d’autres ». Et donc, « les troupes australiennes pourraient bien être le premier contingent de soldats occidentaux à gaspiller leur vie en mer de Chine du Sud ».

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Relations fortement détériorées

Ce ton martial intervient alors que les relations entre l’Australie et la Chine sont déjà fortement détériorées. Mais il est sans doute à la hauteur des inquiétudes de Pékin. La Chine s’inquiète notamment de la formalisation du Quad, cette « OTAN asiatique », selon ses mots, qui rassemble les Etats-Unis, l’Australie, le Japon et l’Inde. Pour la première fois, les dirigeants de ces quatre pays se retrouveront en présentiel, à la Maison Blanche, le 24 septembre. La Chine a un contentieux frontalier avec l’Inde et revendique certains îlots administrés par le Japon.

Par ailleurs, la mer de Chine méridionale, dont la Chine revendique la majeure partie, est l’objet de fréquentes tensions entre Pékin et ses voisins mais aussi avec les Etats-Unis et dans une moindre mesure la France et la Grande-Bretagne. Enfin, Taïwan est également un foyer de tensions important. L’île, que Pékin revendique comme l’une de ses provinces, mène d’ailleurs actuellement d’importantes manœuvres militaires, tout comme le Japon. Se sentant tous les deux menacés par la Chine, Taipei et Tokyo ont récemment approfondi leur coopération militaire.

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via LeMonde

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