La Chine sanctionne à son tour le Royaume-Uni

Champ de coton dans la région du Xinjiang, le 14 octobre 2018.

Après l’Union européenne, le Royaume-Uni. Les représailles chinoises contre les pays occidentaux – Union européenne, Grande-Bretagne, Etats-Unis et Canada – qui, lundi 22 mars, ont sanctionné quatre responsables et une entreprise du Xinjiang, se poursuivent. Vendredi 26 mars, Pékin a annoncé sanctionner neuf personnes et quatre organisations britanniques accusées de « mensonges et de désinformation ».

Les personnes visées sont pour l’essentiel des élus conservateurs et des universitaires spécialistes du Xinjiang. Ainsi du député Iain Duncan Smith, ex-président du Parti conservateur, qui a déclaré vendredi porter sa sanction « comme une médaille ». Ou de Tom Tugendhat, à la tête de la très influente commission des affaires étrangères : « C’est une atteinte directe à la démocratie britannique et une tentative de faire taire les personnes choisies par les citoyens britanniques pour parler en leur nom », a réagi le député à la BBC.

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Sont également concernés le « China Research Group », un club de députés conservateurs très durs à l’égard de Pékin, la commission des droits de l’homme du parti Conservateur, l’organisation de soutien aux Ouïgours, Uyghur Tribunal, et une société d’avocats londonienne, Essex Court Chambers. Le premier ministre, Boris Johnson, a fait savoir qu’il « soutenait fermement » toutes ces personnes et organismes.

« Les individus concernés et les membres de leurs familles proches ne sont plus autorisés à entrer en Chine continentale, Hongkong ou Macao. Leurs biens en Chine seront gelés et il est interdit aux citoyens et aux institutions chinoises de faire des affaires avec eux. La Chine se réserve le droit de prendre des mesures supplémentaires », a annoncé le ministère des affaires étrangères chinois.

« Génocide » et « travail forcé »

Dès lundi, Pékin avait sanctionné dix Européens – des parlementaires de différents groupes politiques et des experts – et quatre institutions, tous très engagés sur le traitement infligé par Pékin aux musulmans ouïgours dans le Xinjiang. Les Etats-Unis et le Canada évoquent un « génocide ». L’Union européenne y dénonce les centres de détention et le « travail forcé » ; notamment dans l’exploitation du coton. Les quatre responsables chinois sanctionnés sont impliqués personnellement dans la répression au Xinjiang mais aucun n’a de responsabilité politique au niveau national.

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Dominic Raab, le ministre des affaires étrangères britannique, a réagi fermement vendredi. « Il est très significatif, qu’alors que le Royaume-Uni a rejoint la communauté internationale pour sanctionner les responsables d’abus des droits humains, le gouvernement chinois sanctionne ceux qui critiquent [ces responsables d’abus]. Si la Chine veut contrer de manière crédible les accusations d’abus des droits humains au Xinjiang, elle devrait autoriser au haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies un accès complet [à la province] pour constater la vérité. »

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via LeMonde

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