La Chine se projette dans l’après-Covid

Le premier ministre Li Keqiang lors de son discours d’ouverture de la session annuelle du parlement, le 5 mars à Pekin.

Le premier ministre chinois, Li Keqiang, a donné vendredi 5 mars le coup d’envoi des deux sessions du Parlement chinois. En raison du Covid-19, l’Assemblée nationale populaire (ANP, environ 3 000 délégués) et la Conférence consultative politique du peuple chinois (CPPCC), qui associe symboliquement au pouvoir des représentants de la société (environ 2 000 personnes), ne se réunissent que durant une semaine, jusqu’au jeudi 11 mars, et non durant dix jours. Le ministre des affaires étrangères, Wang Yi, tiendra sa conférence de presse annuelle dimanche 7 mars.

Se contentant d’un discours d’une heure, le premier ministre ne s’est félicité que brièvement des « résultats stratégiques majeurs obtenus dans la lutte contre le Covid-19 » et de « la victoire globale remportée dans la lutte contre la pauvreté ». De même n’a-t-il évoqué qu’à deux reprises le grand événement politique de l’année : les célébrations du 100anniversaire du Parti communiste chinois, à l’été 2021. Comme les années précédentes, ce n’est qu’à la fin de son discours qu’il a évoqué Hongkong et Taïwan. « Nous perfectionnerons les systèmes et mécanismes des régions administratives spéciales en matière d’application de la Constitution et des lois fondamentales », a-t-il simplement indiqué. La veille, Zhang Ye Sui, porte-parole de l’ANP, avait indiqué que celle-ci se prononcerait sur une « amélioration » du système électoral à Hongkong.

« Développement pacifique » des relations avec Taïwan

Sur Taïwan, le premier ministre a rappelé que Pékin entend « promouvoir un développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit ». En 2020, les observateurs s’étaient inquiétés de l’absence du qualificatif « pacifique », employé jusqu’alors. Celui-ci fait donc sa réapparition. Le 1er mars, l’armée chinoise a entamé d’importantes manœuvres en mer de Chine du Sud qui doivent durer un mois.

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Li Keqiang n’a évoqué ni le Tibet ni le Xinjiang, où Pékin réprime la minorité ouïghoure. Il a précisé qu’il fallait « appliquer sans réserve la politique du parti à l’égard des ethnies minoritaires et renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté nationale chinoise ». Une formule proche de celle des années précédentes.

Dans les minutes qui ont suivi le discours du premier ministre, le ministère des finances a publié le projet de budget 2021. Celui-ci prévoit une augmentation des dépenses militaires de 6,8 %, portant celles-ci à 1 355 milliards de yuans (environ 175 milliards d’euros). Si ce budget ne représente qu’environ le quart de celui du Pentagone aux Etats-Unis, il augmente davantage qu’en 2020 (+ 6,6 %).

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via LeMonde

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