La colère embrase les villes palestiniennes d’Israël

Les forces israéliennes courent lors d’affrontements avec des Arabes israéliens dans la ville mixte israélienne de Lod, en Israël, le mardi 11 mai 2021.

Une fracture béante s’est ouverte en Israël entre les citoyens juifs et palestiniens du pays en réaction à la répression menée par la police israélienne au sanctuaire d’Al-Aqsa et à Jérusalem-Est, qui a atteint un sommet lundi 10 mai, puis aux tirs de roquettes du Hamas lancés le soir même. Depuis, des manifestations et des émeutes inédites depuis des décennies se multiplient dans les villes palestiniennes et mixtes du nord d’Israël, en Galilée, dans le « triangle » arabe et sur la côte.

C’est un mouvement de colère, qui mobilise ensemble les citoyens palestiniens d’Israël (quelque 20 % de la population israélienne) et les Palestiniens résidents de Jérusalem occupée, en écho avec les civils bombardés à Gaza. Et cette mobilisation peut s’avérer plus lourde de conséquences que la confrontation en cours entre Israël et le Hamas, qui menace de tourner à la quatrième guerre à Gaza depuis 2008.

Les funérailles de Moussa Hassouna dans la ville de Lod (centre), le 11 mai 2021. Le Palestinien israélien a été tué par balle lors d’affrontements avec la sécurité israélienne à la suite d’une manifestation.

Mardi soir, les funérailles d’un homme, Moussa Hassouna, 32 ans, tué par balle dans la ville mixte de Lod (centre), ont donné lieu à des scènes d’émeute. Le jeune homme avait été abattu la veille lors d’un précédent épisode de violence, durant lequel des Palestiniens avaient jeté des pierres dans un quartier juif, défendu par ses habitants, certains brandissant le drapeau israélien. Trois voisins ont été arrêtés, porteurs de permis de port d’arme en règle.

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En direct à la télévision, le maire de Lod a appelé le gouvernement à décréter un couvre-feu et à déployer l’armée. « Une intifada s’est déclarée à Lod », clamait Yair Revivo. Il a été entendu tard dans la soirée. Le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a déclaré un état d’urgence local, avant de se rendre dans la ville pour y dénoncer « l’anarchie ». Il a appelé les résidents à ne pas se substituer à la police, affirmant que « sans l’état de droit, il n’y a plus rien ».

« Violence incontrôlée »

Son silence, jusque-là, avait heurté. Quelques heures auparavant, le premier ministre avait prévenu ses concitoyens, dans une intervention à la télévision, que les affrontements avec le Hamas dureraient encore mais il n’avait alors fait aucune mention des événements de Lod et ailleurs en Israël. M. Nétanyahou signifiait que ces mouvements demeuraient une affaire sociale israélienne. Dans la soirée, une roquette du Hamas a tiré un triste trait d’union entre les deux événements, en tuant un habitant palestinien et sa fille de 16 ans dans la ville, proche de l’aéroport international David-Ben-Gourion.

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via LeMonde

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