La Commission européenne repart à l’offensive contre Budapest


Le président hongrois, Viktor Orban, à son arrivée au sommet de l’OTAN, le 30 juin 2022 à Madrid.

Ces derniers temps, la Commission européenne avait salué les efforts de la Hongrie pour mieux prendre en compte ses recommandations en matière de lutte contre la corruption, alors que Budapest souhaite commencer à percevoir les aides (7,2 milliards d’euros) auxquelles elle peut prétendre dans le cadre du plan de relance européen de 750 milliards d’euros. Mais vendredi 15 juillet, l’exécutif communautaire est reparti à l’offensive contre le gouvernement de Viktor Orban et ses manquements à l’Etat de droit.

Bruxelles a en effet annoncé avoir saisi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) contre la Hongrie à propos d’une loi interdisant la diffusion de contenus sur l’homosexualité ou le changement de sexe auprès des mineurs. Il s’agit d’une nouvelle étape dans la procédure d’infraction qu’a lancée la Commission il y a un an, jour pour jour, quand elle avait envoyé à Budapest une lettre de mise en demeure à Budapest au sujet de ce texte homophobe, adopté le 15 juin 2021.

L’affaire avait suscité un tollé lors du Conseil européen du 24 juin suivant, au cours duquel plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement européens avaient interpellé leur homologue hongrois, Viktor Orban, sur sa loi « homophobe ». « M’accepter comme gay a été, pour moi, la chose la plus difficile. Entendre dire que c’est peut-être parce que j’ai regardé quelque chose à la télévision quand j’étais jeune est inacceptable. Comme mélanger pédophilie, pornographie et homosexualité », avait notamment déclaré le premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel. Son homologue néerlandais, Mark Rutte, avait exhorté Budapest à abroger la loi, faute de quoi, avait-il dit, la Hongrie n’avait « plus rien à faire dans l’Union européenne ». « Tu étais un libéral, Viktor. Que s’est-il passé ? », avait pour sa part interrogé Emmanuel Macron.

Loi anti-LGBT

A l’époque, Ursula von der Leyen s’apprêtait à se rendre à Budapest, afin de donner officiellement son accord au déblocage des fonds européens dans le cadre du plan de relance. L’ex-ministre d’Angela Merkel avait finalement renoncé à son déplacement et remis à plus tard sa décision. Finalement, la Commission a, peu après, jugé les instruments de lutte contre la corruption en Hongrie insuffisants et demandé à Viktor Orban d’y remédier s’il voulait toucher cet argent, situation qui n’a pas évolué depuis.

La loi anti-LGBT, a expliqué la Commission vendredi, « viole les droits fondamentaux des personnes ainsi que les valeurs de l’Union européenne ». Qui plus est, elle contrevient aux règles du marché intérieur, dans la mesure où elle empêche la libre circulation de supports audiovisuels qui contiendraient par exemple des images de familles homosexuelles et qui ne pourraient plus être vendus en Hongrie.

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via LeMonde

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