La condamnation d’un officier syrien pour crimes contre l’humanité en Allemagne, espoir de justice pour les victimes du régime de Bachar Al-Assad

Anwar Raslan (au centre, flouté) lors de son procès pour crimes contre l’humanité, au tribunal de Coblence (Allemagne), le 13 janvier 2022.

Au terme d’un procès historique, la Haute Cour régionale de Coblence, en Allemagne, a condamné, jeudi 13 janvier, le colonel syrien Anwar Raslan à la prison à vie pour « crimes contre l’humanité ». Le reconnaissant coupable d’avoir ordonné ou perpétué des actes de torture à l’encontre d’au moins 4 000 prisonniers dans la prison d’Al-Khatib, à Damas, et le meurtre de 27 d’entre eux entre avril 2011 et septembre 2012. C’est le premier verdict jamais rendu contre un haut responsable syrien.

Parmi les actions en justice engagées contre le régime de Bachar Al-Assad en Europe au nom de la compétence universelle, qui permet de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves quel que soit le lieu où ils ont été commis et la nationalité des auteurs ou des victimes, la procédure dite de « Coblence » était la plus avancée. Celle dont le dénouement était le plus attendu. Le procès s’était ouvert en avril 2020 après l’arrestation de l’ancien officier en février 2019 par la police allemande. Il avait été reconnu par ses victimes, des Syriens réfugiés en Allemagne.

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Responsable des investigations de la division 251 du renseignement militaire syrien, Anwar Raslan était le chef. Celui qui a coordonné les arrestations, les enquêtes et les interrogatoires conduits sous la torture pour arracher de soi-disant aveux. Sous ses ordres, notamment, un officier subalterne, Eyad Al-Gharib.

Coaccusé à Coblence, il a, lui, été condamné en février 2021 à quatre ans et demi de prison lors de la première phase de ce procès, ouvert le 23 avril 2020, après avoir été reconnu coupable de l’arrestation d’une trentaine de manifestants et de leur transfert dans les locaux de la division 251, situés dans le quartier d’Al-Khatib, au centre de Damas.

Les détenus syriens n’étaient pas seulement « torturés mais aussi affamés et privés d’air », a souligné jeudi la présidente de la cour, Anne Kerber. Ils ont « reçu des coups sur tout le corps, en particulier les plantes des pieds », « ils ont été pendus par les poignets » et ont subi « des électrochocs et des brûlures ». Les juges allemands ont également reconnu Anwar Raslan coupable de violences sexuelles et de viols aggravés, les qualifiant de crimes contre l’humanité, comme l’espéraient de nombreuses victimes.

« Où sont-ils ? »

Ses avocats, commis d’office, ont martelé tout au long du procès qu’Anwar Raslan aurait aidé les prisonniers avant de faire défection, mettant un terme à vingt-six ans de carrière. Le motif de son départ de Syrie reste obscur. A-t-il voulu fuir l’impensable ? Sauver sa peau ? Sa carrière ? Les juges ont balayé « l’ambiguïté » Raslan.

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via LeMonde

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