La Corée du Nord reconnaît l’indépendance des territoires prorusses de l’est de l’Ukraine


L’ambassadrice de la République autoproclamée de Donetsk (DNR) en Russie, Olga Makeyeva, recevant la lettre de reconnaissance de l’ambassadeur de la Corée du Nord en Russie, Sin Hong Chol, à l’ambassade de la DNR à Moscou, le 13 juillet 2022.

Désireuse de renforcer ses liens avec la Russie, la Corée du Nord maintient sa décision de reconnaître l’indépendance des Républiques populaires de Donetsk et de Louhansk et fustige la décision, prise par Kiev en guise de rétorsion, de mettre fin à leurs relations diplomatiques.

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, nom officiel du Nord) a déploré vendredi 15 juillet l’alignement de l’Ukraine « sur la politique hostile, déraisonnable et illégale des Etats-Unis » envers elle et lui a dénié le droit de s’opposer à un « exercice légitime de souveraineté ».

Annoncée le 14 juillet par la ministre nord-coréenne des affaires étrangères, Choe Sou-hui, la reconnaissance des deux régions séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine s’accompagnait du souhait « de développer les relations étatiques ».

Kiev avait immédiatement réagi en qualifiant la reconnaissance des territoires « temporairement occupés par la Russie » de tentative de « porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine ». L’Ukraine entretenait des relations diplomatiques avec la RPDC depuis 1992.

Décision discutée depuis mai

La Corée du Nord est le troisième pays après la Russie et la Syrie à reconnaître les deux républiques. La décision est discutée depuis le mois de mai et une rencontre entre l’ambassadeur nord-coréen à Moscou, Sin Hong-chul, et des représentants de Donetsk et de Louhansk. Le diplomate avait alors salué la volonté « d’intensifier la coopération mutuelle » et proposé de futurs « contacts de travail ».

« En ne reconnaissant que ces deux républiques et non d’autres Etats autoproclamés soutenus par la Russie, comme l’Ossétie du Sud ou la Transnistrie, la Corée du Nord témoigne de sa volonté d’exploiter les questions d’actualité les plus sensibles pour renforcer ses liens avec la Russie », explique au site spécialisé NK News Antony Rinna, du centre de recherche Sino-NK.

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, Pyongyang soutient Moscou, qui, de son côté rejette régulièrement les décisions onusiennes ciblant la Corée du Nord. La RPDC s’est opposée à la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU condamnant l’offensive. Elle voit dans ce conflit une opposition non pas entre la Russie et l’Ukraine mais entre la Russie et les pays occidentaux, dont son ennemi américain.

Exercices conjoints

La reconnaissance par Pyongyang de l’indépendance des républiques séparatistes survient alors que les tensions montent dans la péninsule coréenne. Pyongyang aurait terminé les préparatifs d’un septième essai nucléaire et les armées de l’air sud-coréenne et américaine ont procédé du 10 au 14 juillet à des exercices conjoints avec des avions furtifs F-35. Des F-35 américains n’avaient pas été déployés au Sud depuis décembre 2017, quand ils avaient participé à l’exercice Vigilant Ace sur fond de tensions après le sixième essai nucléaire de la Corée du Nord de septembre 2017.

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via LeMonde

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