La Corée du Nord reconnaît ses premiers cas de Covid-19 et impose un confinement strict


Des personnes regardent à la télévision le leader nord-coréen Kim Jong-un annoncer des tirs de missile, le 12 mai 2022.

La Corée du Nord admet de premiers cas de Covid-19 sur son territoire et impose un confinement national draconien. L’agence officielle KCNA a annoncé, vendredi 13 mai, la visite du quartier général de la prévention des épidémies, par le dirigeant, Kim Jong-un, qui a dénoncé « un point faible dans le dispositif de prévention ». Et KCNA de préciser que, « pour la seule journée du 12 mai, près de 18 000 personnes ont eu de la fièvre dans tout le pays et 187 800 sont actuellement isolées et traitées. Six sont décédées », dont une testée positive au sous-variant BA.2 d’Omicron.

Ces annonces suivent la décision prise la veille par le bureau politique (Politburo) du Parti du travail de passer au « niveau maximal de l’urgence épidémique » après la découverte, le 8 mai à Pyongyang, de plusieurs cas de contamination. L’information donnée par KCNA et relayée par la télévision nationale ne précisait ni le nombre de cas ni l’origine des infections. Leur découverte était qualifiée par l’agence de « pire incident survenu dans le pays, témoignant d’une faille sur le front épidémique, inviolé depuis deux ans et trois mois ».

La réunion du politburo s’est tenue en présence de Kim Jong-un, qui est apparu portant un masque, une première pour une intervention publique. Il a appelé à se défier des « peurs irrationnelles, du manque de confiance et de volonté », à distribuer les stocks de matériel médical préparés pour les cas d’urgence et à appliquer « avec rigueur » le confinement pour empêcher la propagation du virus.

Inflexion

C’est la première fois que la République populaire démocratique de Corée (RPDC, nom officiel de la Corée du Nord) admet des cas de Covid-19 depuis la fermeture de ses frontières dès le début de la pandémie, en janvier 2020, notamment celle avec la Chine, par laquelle transite 90 % de son commerce.

La rigueur des mesures aurait permis d’éviter toute large propagation du Covid-19 même si des doutes persistaient sur l’absence totale de cas, notamment en raison des trafics transfrontaliers. Des foyers auraient été découverts, comme en juillet 2020 à Kaesong (dans le sud du pays) voire, en janvier, dans le Hamgyong du Nord (Nord-Est du pays).

Pyongyang ne les a toutefois jamais admis. En décembre 2020, la RPDC avait même taxé d’« impudence » la ministre sud-coréenne des affaires étrangères, Kang Kyung-wha, qui avait jugé « difficile de croire » à l’absence de Covid-19 en Corée du Nord.

L’annonce officielle du foyer de Pyongyang – qui aurait été provoqué par la venue dans la capitale de nombreuses personnes pour les événements comme le défilé du 25 avril marquant le 90e anniversaire de l’Armée populaire – pourrait signaler une inflexion de la politique suivie. Hong Min, chercheur à l’Institut sud-coréen pour l’unification nationale (KINU), y voit un moyen d’alerter les habitants sur les efforts à consentir mais aussi de lancer un appel « au soutien et à la coopération internationale » contre le virus.

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via LeMonde

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