La crainte de l’inflation provoque une brutale remontée des taux aux Etats-Unis et fait chuter Wall Street

Au New York Stock Exchange le 24 février.

A force de faire marcher la planche à billets, la peur de l’inflation revient, les taux d’intérêts remontent et les actions chutent lourdement. C’est ce qui s’est passé jeudi 25 février à Wall Street : l’indice Nasdaq riche en valeurs technologiques a perdu 3,5 %, sa plus mauvaise séance depuis octobre 2020, tandis que le Dow Jones et le S&P 500 reculaient respectivement de 1,8 % et 2,4 %.

La panique a commencé par la hausse des taux d’intérêts de long terme : le rendement des bons à dix ans du Trésor américain a franchi la barre des 1,55 %, un record depuis le début de la pandémie de Covid-19. Le gain est de 0,20 point en deux jours et le niveau quatre fois supérieur au plus bas de 0,38 % touché début septembre 2020.

Explication : les investisseurs pensent que les plans de relance, la politique de taux zéro des banques centrales et les progrès de la vaccination, vont certes faire repartir l’économie, mais aussi conduire à une surchauffe et à une reprise de l’inflation.

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Ils se débarrassent donc de leurs obligations en les vendant, estimant qu’elles ne rapportent pas assez. Logiquement, les taux montent – pour accepter d’acheter des bons du Trésor, les investisseurs exigent des rémunérations plus élevées. Le déclencheur du mouvement a été le recul des demandes d’allocations-chômage hebdomadaires aux Etats-Unis publié jeudi matin – elles sont en repli de 111 000 à 730 000.

Corrections sauvages sur les valeurs technologiques

L’affaire a créé un effet de contagion sur les actions. Celles-ci valent en théorie l’actualisation des profits à venir. Mais avec des taux plus élevés, ces bénéfices futurs, souvent lointains dans la tech, valent moins. C’est ce qui a conduit à un réajustement des prix des valeurs technologiques, qui avaient atteint des sommets pendant la pandémie.

Jeudi, les corrections étaient sauvages, avec des titres fortement frappés alors qu’ils étaient très spéculatifs et ont parfois affiché des résultats trimestriels moins mirobolants qu’espéré. C’est le cas de la firme d’intelligence artificielle Palantir (– 9 %), de l’entreprise de télémédecine Teladoc (– 13 %), du leader mondial des microprocesseurs pour jeux vidéo Nvidia (– 8 %). Et parmi les stars de la cote, Tesla a reculé de 8 % et les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) de plus de 3 %.

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Les entreprises sont aussi potentiellement frappées par le coût de la dette qui pourrait augmenter – les taux sont si faibles, que des milliers d’entreprises, surnommées « zombies », devraient faire faillite ou en tout cas voir leurs profits baisser. Les marchés continuent d’être extravagants, avec l’action GameStop, qui a continué ses envolées mercredi et jeudi.

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via LeMonde

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