La diplomatie chinoise n’entend faire aucune concession

Pendant la conférence de presse de Wang Yi, ministre chinois des affaires étrangères, le 7 mars à Pékin.

Mince, élégant, les traits fins… le ministre des affaires étrangères chinois, Wang Yi passe, auprès de ses compatriotes, pour l’un des hommes politiques les plus séduisants du pays. Un détail sans importance ? Pas forcément. Nombre de Chinois sont convaincus que ce gentleman communiste incarne une diplomatie qui parvient à charmer le reste du monde et que, notamment grâce à lui, l’image de la Chine s’améliore.

Pourtant, dimanche 7 mars, sa conférence de presse annuelle, tant sur la forme que sur le fond, a été, au contraire, révélatrice du fossé, voire du gouffre qui sépare la Chine des pays occidentaux. Durant une heure et quarante minutes, le message de Wang Yi a été on ne peut plus clair : sur aucun sujet, Pékin n’est prêt à faire la moindre concession. Cela vaut pour le Xinjiang, Hongkong et Taïwan, mais aussi la liberté de circulation en mer de Chine du Sud, les tensions territoriales avec le Japon, voire le conflit frontalier avec l’Inde. Pourquoi en ferait-elle ? Répondant à une question opportunément posée par le China Daily, publication du Parti communiste (PCC), sur le rôle de celui-ci dans la politique étrangère du pays, le ministre, après avoir rappelé que ce rôle était évidemment fondamental, a eu cette formule : « Les 100 ans du Parti communiste [commémorés en 2021] ne sont que le préambule d’une grande œuvre millénaire ».

Jusqu’à ces derniers temps, on pensait les dirigeants chinois inquiets. Même en Union soviétique, le Parti communiste s’est effondré au bout de soixante-quatorze ans. Le Parti communiste chinois, au pouvoir depuis soixante et onze ans, n’est-il pas menacé du même syndrome ? Wang Yi, au détour d’une phrase, a résumé l’état d’esprit de Xi Jinping, ou en tout cas le sentiment que le président chinois veut donner : le PCC est là pour mille ans.

Les « mensonges » sur le génocide au Xinjiang

L’heure est d’autant moins aux concessions qu’aux yeux de la diplomatie chinoise, les pays qui critiquent Pékin sont de mauvaise foi. Par exemple, l’Inde dont les « provocations unilatérales » ne sauraient servir à résoudre un différend territorial. Ou le Japon qui, bien sûr, a tort de s’alarmer de la possibilité offerte depuis un mois aux garde-côtes chinois de recourir à la force armée. « Nous souhaitons que le Japon ait une perception objective et raisonnable de la Chine ». Mais que Tokyo se méfie : on n’est jamais à l’abri d’ « incidents de parcours ».

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via LeMonde

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