La Finlande souhaite que le processus d’adhésion à l’OTAN soit le « plus rapide possible »


La ministre des affaires européennes du gouvernement finlandais, Tytti Tuppurainen. A Helsinki (Finlande), le 5 mai 2022.

La Finlande pourrait annoncer sa volonté d’adhérer à l’OTAN jeudi 12 mai. Indépendant depuis 1917, le petit pays nordique de 5,5 millions d’habitants, qui partage 1 340 kilomètres de frontières avec la Russie, est membre de l’Union européenne, mais non-aligné militairement. Alors que les Finlandais ont toujours été majoritairement contre une adhésion, l’opinion publique a basculé depuis le 24 février et l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Comment expliquez-vous ce changement de paradigme ?

Ce changement n’est pas si soudain. Nous avons continuellement évalué la situation sécuritaire. Nous nous sommes préparés à toutes sortes de scénarios de crise, y compris une menace militaire. Dans le programme du gouvernement de Sanna Marin et de nombreux gouvernements précédents, il y a une option qui nous permet de demander de rejoindre l’OTAN, si l’environnement sécuritaire change et que cela devient nécessaire. Depuis notre adhésion à l’Union européenne, nous avons fait le choix de ne pas être neutres, mais fermement ancrés dans la sphère occidentale. L’adhésion à l’OTAN peut être vue comme une finalisation très naturelle de notre intégration occidentale.

Qu’est-ce que la guerre en Ukraine a changé pour les Finlandais ?

Personne n’avait vraiment prédit ce qui s’est produit le 24 février. Nous ne pouvions pas imaginer que Poutine soit suffisamment cruel pour déclencher une guerre en Ukraine. Cela a entraîné un débat ici. Malgré un engagement intense et des tentatives pour contrôler et contenir d’une manière ou d’une autre la Russie et l’action de Poutine, nous avons échoué. Comme notre président Sauli Niinistö l’a dit : les masques sont tombés. Nous avons vu le vrai visage de la Russie et de Vladimir Poutine : celui d’un dictateur impitoyable, capable d’attaquer un pays voisin innocent, qui a exprimé sa volonté d’être membre de l’Union européenne et un jour de l’OTAN. Dans ce contexte, la réaction des Finlandais était compréhensible.

Comment se sont passées les discussions politiques ?

Le soutien de l’opinion publique ne suffisait pas. Nous avions besoin d’un processus parlementaire. A cette fin, le gouvernement a préparé un rapport analysant les changements de notre environnement sécuritaire [publié le 13 avril]. Il a servi de base au débat au Parlement. La question a été discutée en profondeur dans chaque commission parlementaire. Nous avons entendu des dizaines d’experts en matière de sécurité.

Désormais, le moment est venu de prendre une décision. Le président de la République a dit publiquement qu’il annoncerait sa position jeudi 12 mai. Ce sera probablement le jour où la première ministre exprimera également son opinion personnelle. Au moment où nous parlons, il semble hautement probable que l’issue [de ce processus] soit favorable à l’adhésion à l’OTAN et que nous présentions rapidement une demande d’accession.

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via LeMonde

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