La France dénonce un « système de répression institutionnalisé » de la Chine à l’encontre des Ouïgours

Jean-Yves Le Drian, le 22 février 2021, à Bruxelles.

Le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé un « système de répression institutionnalisé » de la Chine à l’encontre les musulmans ouïgours dans la région du Xinjiang, dans le nord-ouest du pays. Ces remarques ont eu lieu devant le conseil des droits de l’homme de l’ONU, mercredi 24 février.

« De la région chinoise du Xinjiang nous parviennent des témoignages et des documents concordants, qui font état de pratiques injustifiables à l’encontre des Ouïgours, et d’un système de surveillance et de répression institutionnalisé à grande échelle », a-t-il déclaré lors d’une intervention par visioconférence.

La Chine a loué, pour sa part, lundi 22 février, le développement socio-économique au Xinjiang et au Tibet comme un « exemple éclatant » des progrès de la Chine en matière de droits de l’homme.

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Accusations de travail forcé et de stérilisations forcées

Selon des études d’instituts américain et australien, au moins un million de Ouïgours ont été internés dans des « camps » du Xinjiang et certains ont été soumis à du « travail forcé » ou à des « stérilisations forcées ». La Chine dément catégoriquement les deux dernières accusations et affirme que les « camps » sont des « centres de formation professionnelle » destinés à éloigner la population de l’extrémisme religieux et du séparatisme, après de nombreux attentats meurtriers commis contre des civils par des Ouïgours.

Le chef de la diplomatie française a également déploré une « série de régressions considérables pour les droits de l’homme » de la Biélorussie, où « l’aspiration démocratique d’un peuple a été balayée par la violence », à la Syrie, où le président « Bachar Al-Assad continue à faire la guerre à son peuple, avec le concours de ses alliés ».

Il a aussi rappelé la tentative d’empoisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny « au moyen d’un agent neurotoxique de qualité militaire fabriqué par la Russie ». « Après avoir frôlé la mort, Alexeï Navalny est aujourd’hui en prison », a-t-il souligné. Le ministre français s’est également dit très « préoccupé » par le sort de l’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, de nouveau incarcérée en Iran, et a réclamé la libération de la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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