La guerre en Ukraine relance la course aux armes hypersoniques


L’avion de chasse russe ayant lancé un missile « Kinjal » hypersonique, sur une photo publiée par le ministère russe de la défense, le 19 février 2022.

C’est l’un des nombreux effets militaires de la guerre en Ukraine. Alors que la Russie a effectué, mi-mars, le premier tir opérationnel d’un missile revendiqué comme hypersonique, le ministère de la défense américain a révélé, mardi 10 mai, que Moscou avait tiré au moins dix ou douze autres missiles de ce type depuis le début du conflit, « principalement sur des cibles militaires ». Une annonce qui nourrit les réflexions sur une relance des programmes d’armement autour de ces armes, principalement aux Etats-Unis, mais aussi au Royaume-Uni, ou plus discrètement, en France.

Le 19 mars, la Russie avait fait grand bruit en affirmant avoir employé pour la première fois, la veille, un missile appelé « Kinjal », lancé depuis un avion de chasse, afin de détruire un entrepôt souterrain d’armements situé dans l’ouest de l’Ukraine. Un tir qui avait été confirmé, quelques jours plus tard, par les Etats-Unis, puis par des sources européennes. Beaucoup d’experts y avaient vu un pur exercice de démonstration de force, sans grand intérêt tactique. La confirmation de cette dizaine de nouveaux tirs, qui ont pu avoir lieu pour certains autour de la mi-avril, dans l’est et le sud de l’Ukraine, vient donc malgré tout raviver l’intérêt d’un certain nombre d’états-majors pour cette technologie hypervéloce.

Engagés depuis longtemps dans cinq à six programmes de développement de ce type de missiles, les Etats-Unis sont ceux qui s’en cachent le moins. Alors que 15 milliards de dollars (14 milliards d’euros) sont destinés par le Pentagone sur l’hypersonique entre 2015 et 2024, l’agence américaine pour les projets de recherche avancée de la défense (Darpa) a fait savoir, le 9 mai, qu’elle cherchait à obtenir 60 millions de dollars supplémentaires pour son budget 2023, afin de mûrir de nouvelles briques technologiques liées à ces missiles, très complexes et très chers à développer. A la différence de la Russie, les Etats-Unis sont toujours en phase d’essais.

« Trajectoire imprévisible »

Le 5 avril, dans le cadre de l’alliance Aukus, qui réunit depuis novembre 2021 les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, Londres et Canberra se sont à leur tour publiquement positionnés dans la course à l’hypersonique. Au-delà du programme commun de sous-marins à propulsion nucléaire qui avait conduit à la rupture d’un contrat français de vente de navires à l’Australie, les nouveaux alliés ont déclaré, par voie de communiqué, être engagés dans « une nouvelle coopération trilatérale sur l’hypersonique et le contre-hypersonique ». Une annonce qui relève beaucoup de l’affichage, mais qui est significative des craintes occidentales vis-à-vis de ces armes qu’aucune défense antimissile n’apparaît aujourd’hui capable de contrer.

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via LeMonde

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