La légère hausse de l’inflation dans la zone euro inquiète peu

Le siège de la Banque centrale européenne à Francfort, en 2017.

L’Europe doit-elle s’inquiéter d’une reprise des tensions inflationnistes qui viendraient compliquer la sortie de crise, en augmentant notamment le coût du remboursement de la dette ? Quelques clignotants sont venus s’allumer, ces dernières semaines, en ce sens. L’inflation à travers la zone euro a effectivement fait un bond, passant de − 0,3 % en décembre à 0,9 % en janvier, avant de se stabiliser à 0,9 % en février, selon les données publiées par Eurostat, mardi 2 mars. L’inflation sous-jacente – qui ne prend pas en compte les prix de l’énergie, des produits alimentaires, de l’alcool et du tabac – atteint 1,1 %.

Conséquence logique, le taux italien à dix ans a progressé de 0,5 % à 0,7 % en deux semaines ; en France, il est symboliquement passé au-dessus de zéro, avant de retomber en territoire négatif (− 0,09 %). Dans un entretien à un groupe de journaux européens, dont Le Monde, lundi 1er mars, l’ancien premier ministre britannique Tony Blair sonne l’alerte : « La plupart des gouvernements occidentaux ont fait un pari gigantesque, à savoir que la dette n’est pas importante, que l’inflation ne reviendra pas et que les taux d’intérêt resteront bas. Mais si cela s’avère faux, on risque de sérieux problèmes. »

« Bonne nouvelle »

Les économistes, pourtant, ne s’inquiètent pas outre mesure de la situation en zone euro. D’abord, le niveau de l’inflation demeure historiquement bas, loin par exemple des 2 % visés par la Banque centrale européenne (BCE). « De fait, c’est une bonne nouvelle », estime le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, dans un discours prononcé lundi 1er mars. La légère hausse des prix permet d’éloigner, au moins temporairement, le risque de déflation, qui est le principal danger qui pesait sur l’économie européenne jusqu’à présent.

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Ensuite, « presque toute la hausse de l’inflation en Europe vient de facteurs qui devraient être transitoires », note Neil Shearing, économiste à Capital Economics. L’annulation ou le report des soldes de janvier, qui a mécaniquement fait augmenter le prix des vêtements, et la hausse de la TVA en Allemagne, remise à son niveau après avoir été temporairement baissée au début de la pandémie, sont deux des explications principales.

« L’économie de la zone euro est dans une situation différente de celle des Etats-Unis : il n’y a pas de risque de surchauffe en Europe », note le gouverneur de la Banque de France

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via LeMonde

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