La Macédoine du Nord approuve un accord avec la Bulgarie pour débloquer sa candidature à l’UE


Manifestation devant le Parlement de Skopje où est voté un accord mettant fin au conflit avec la Bulgarie voisine, samedi 16 juillet 2022.

C’était un de ces conflits historiques et identitaires dont les Balkans ont le secret. Samedi 16 juillet, le Parlement de Macédoine du Nord a approuvé un accord longuement négocié par la France pour mettre un terme à son différend avec la Bulgarie voisine, qui empêchait depuis des années l’ouverture des négociations d’adhésion à l’Union européenne de ce petit pays d’1,8 million d’habitants. Les deux pays se divisent notamment sur l’identité de leurs personnages historiques communs ou la nature des différences entre leurs deux langues.

Après trois jours de débat dans une atmosphère rendue électrique par les vives protestations des oppositions de droite et de gauche radicale et la présence de manifestants nationalistes réunis devant le siège du Parlement à Skopje, 68 députés sur 120 ont adopté différentes résolutions valant reconnaissance de la « proposition française » négociée ces derniers mois par Emmanuel Macron lorsque la France occupait la présidence tournante du Conseil européen. « Merci aux députés qui ont voté pour l’avenir européen du pays », a salué Dimitar Kovacevski, le premier ministre (social-démocrate) macédonien, qui soutenait cet accord.

Ursula von der Leyen à Skopje

L’ensemble des dirigeants de l’UE ont aussi immédiatement salué ce vote. La présidente de la commission européenne, Ursula von der Leyen, s’était déplacée à Skopje, la capitale de la Macédoine du Nord, jeudi 14 juillet pour appeler les députés à adopter la proposition. En cas de vote favorable, elle leur avait promis de réunir « dès les prochains jours » une conférence intergouvernementale européenne qui devrait décréter l’ouverture des négociations d’adhésion avec Skopje, mais aussi avec l’Albanie voisine ; deux pays candidats dont le destin est lié par Bruxelles. Une fois ouvertes, les négociations devraient encore durer des années avant d’aboutir à une adhésion.

Le 24 juin dernier, la Bulgarie avait levé son veto après avoir réussi à imposer comme condition que la Macédoine du Nord modifie sa Constitution pour reconnaître l’existence d’une minorité bulgare sur son territoire. Linguistiquement et historiquement proche de la Bulgarie, la Macédoine du Nord est toujours considérée comme une partie intégrante de leur pays par les nationalistes bulgares, même si à peine plus de 3 000 Macédoniens se sont déclarés d’ethnie bulgare lors du dernier recensement.

Candidat à l’UE depuis 2005

L’accord avait d’abord déclenché de vives critiques des autorités macédoniennes, jusqu’à ce que la France présente une version du texte légèrement atténuée. La Macédoine du Nord devra toutefois modifier sa Constitution avant d’adhérer à l’UE, une étape qui s’annonce d’autant plus difficile à franchir qu’elle requiert l’adhésion d’une majorité des deux tiers. « Le problème est que l’UE nous a beaucoup menti. Même les intellectuels et les experts proeuropéens comme moi doutent de cette proposition et n’ont plus forcément confiance », explique Zoran Nechev, de l’Institut pour la démocratie de Skopje.

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via LeMonde

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