La maire de Mexico mise en cause dans la tragédie du métro


Après l’accident de métro sur la ligne 12 à Mexico, le 3 mai 2021.

Son avenir politique est en jeu. La maire de Mexico, Claudia Sheinbaum, rejette en bloc l’expertise indépendante qui la met en cause dans l’effondrement, le 3 mai 2021, d’un tronçon aérien du métro de la mégalopole ayant fait 26 morts et plus de cent blessés. « Ce rapport est tendancieux et faux », a martelé, mardi 10 mai, l’édile de la capitale, successeure pressentie du très populaire président, Andres Manuel Lopez Obrador (« AMLO »). La tragédie implique aussi d’autres ténors de la gauche au pouvoir.

L’image choc de deux rames de la ligne 12, suspendues au-dessus du sol en forme de « V », avait indigné les habitants de la capitale. Un ouvrage qui avait multiplié les failles techniques depuis sa construction, dix ans plus tôt, par un consortium franco-mexicain formé par Alstom et deux géants mexicains du BTP, Ica et Carso. Pour calmer les esprits, Mme Sheinbaum avait engagé la société norvégienne Det Norske Veritas (DNV), dès le lendemain de la catastrophe, pour faire la lumière sur ses causes, vantant la « réputation internationale » de DNV. Le rapport final révélé lundi 9 mai par le quotidien espagnol El Pais détaille une série de failles dans la conception, la construction, la supervision et la maintenance de l’ouvrage. Ce dernier facteur était à la charge de Mme Sheinbaum, qui dirige la capitale depuis trois ans et demi.

Les experts de DNV ont identifié « des failles en cascades » qui ont endommagé la structure du tronçon, victime d’un phénomène de « distorsion ». Ils observent que de simples « inspections visuelles » auraient « pu éviter l’accident », affirmant que la maintenance est une des « causes concomitantes » de la tragédie. « Les problèmes de design et de construction n’étaient pas perceptibles à l’œil nu », a contesté dans la foulée Claudia Sheinbaum, qui avait d’abord refusé de publier le rapport avant de faire machine arrière après sa filtration dans la presse.

Plainte contre la société DNV

Depuis, l’édile joue la carte du bras de fer avec DNV, dont le contrat avec la mairie a été rompu. L’édile a déposé plainte contre la société, justifiant des irrégularités méthodologiques et techniques. « L’étude met sur le même plan les failles de conception, de construction et de maintenance, sans préciser leur importance respective », a-t-elle déclaré avant de déplorer « un manque d’hypothèses alternatives ». Mme Sheinbaum va plus loin en menaçant DNV de poursuites pénales au nom du « viol du contrat de confidentialité », après la publication du rapport dans la presse. La maire accuse aussi la compagnie de « conflit d’intérêts » et de « partialité politique », dénonçant ses liens avec des opposants du président « AMLO ».

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via LeMonde

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