La politique commerciale de Joe Biden s’annonce dure mais dans le respect des règles

Katherine Tai, candidate désignée au poste de représentante au commerce des Etats-Unis, lors de son audition devant la commission des finances du Sénat, à Washington, le 25 février 2021.

Le sénateur de l’Etat agricole de l’Iowa qui s’inquiète des exportations de lait au Canada, celui de l’Idaho des restrictions imposées par le Mexique aux importations de pomme de terre, celui du New Jersey des droits de douane sur les produits agroalimentaires européens qui affectent ses restaurateurs, et la sénatrice du Michigan de la pénurie de semi-conducteurs dans l’automobile…

L’audition, jeudi 25 février, par le Sénat de Katherine Tai, candidate désignée au poste de représentante au commerce des Etats-Unis, s’est révélée un reflet de l’Amérique d’aujourd’hui : prompte à s’indigner contre les barrières injustes infligées aux exportations américaines, dénonçant les pratiques inéquitables de la Chine et le protectionnisme de ceux qui entendent taxer les mastodontes du numérique, à commencer par la France. Quand on est républicain, c’est le « Make America great again » (« rendre sa grandeur à l’Amérique ») de Donald Trump qui s’applique ; lorsque l’on est démocrate, le « Build back better » (« reconstruire en mieux ») de Joe Biden. La même politique, même si celle du second est censée être « plus intelligente et plus forte », selon le démocrate Ron Wyden, président de la commission des finances.

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Le consensus américain vise à remettre le travailleur au centre de la politique commerciale, « et pas seulement le consommateur », comme l’a souligné Mme Tai. La candidate a enterré la mondialisation heureuse, confirmant le basculement démocrate, après celui des républicains à l’ère Trump. « On a longtemps été sur la ligne que plus on fait de commerce, plus on libéralise et plus on a de paix et de prospérité. Ce n’est pas toujours le cas. Il y a très souvent une course vers le bas, qui nous pousse à repenser notre politique commerciale », a déclaré Katherine Tai, qui veut que le nombre de gagnants de la politique commerciale augmente.

« Un concurrent formidable »

Cette stratégie explique la prudence de Joe Biden, qui a adopté, dans les deux semaines qui ont suivi son investiture, le 20 janvier, une trentaine de décrets, mais aucun sur le commerce. Ce qui était décrit comme insupportable sous M. Trump devient consensuel avec M. Biden. L’ouvriériste ne veut pas se brouiller avec les cols bleus et les syndicats, en levant les droits de douane imposés quand M. Trump était à la Maison Blanche. Sa priorité concerne les affaires intérieures, notamment son plan de relance de 1 900 milliards de dollars (1 560 milliards d’euros), et rien ne sert de gâcher pour l’heure des munitions politiques sur le commerce. De surcroît, M. Biden estime avoir besoin de s’entretenir avec ses alliés avant d’aborder la Chine de front.

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via LeMonde

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