La possible libération de l’assassin de Robert Kennedy divise le clan

LETTRE DE SAN FRANCISCO

Sirhan Sirhan lors de l’audience pour sa libération conditionnelle, à San Diego (Etats-Unis), le 27 août 2021.

Début janvier, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a retrouvé le dossier qui attend une décision sur son bureau : la libération anticipée de Sirhan Sirhan, le Palestinien qui purge une peine de prison à perpétuité pour l’assassinat de Robert Kennedy, en juin 1968. Le 27 août, la commission des libérations conditionnelles de l’Etat a approuvé la remise en liberté du condamné, aujourd’hui âgé de 77 ans. Le gouverneur doit maintenant approuver ou rejeter cette recommandation. Sa décision est très attendue.

Gavin Newsom n’ignore rien de la charge émotionnelle du sujet. « Les gens n’expriment pas seulement une opinion sur le dossier, expliquait-il après l’avis de la commission. Ils expriment le souvenir d’une période de stress, d’anxiété et de blessures. » Pour la société américaine, l’année 1968 a été celle de traumatismes à répétition. 4 avril : assassinat de Martin Luther King, suivi d’émeutes dans 125 villes du pays ; 6 juin : assassinat de Robert Kennedy, moins de cinq ans après l’attentat de Dallas contre son frère John, président des Etats-Unis ; fin août : répression brutale des manifestations étudiantes contre la guerre du Vietnam, à Chicago, où se tient la convention du Parti démocrate. « Les gens souhaitent reléguer ces souvenirs, et à juste titre », a souligné l’élu californien.

Attaqué dans les cuisines d’un hôtel

Gavin Newsom n’avait pas encore un an en juin 1968, mais il révère RFK (Robert Francis Kennedy), qui est, dit-il, son « héros politique ». Dans son bureau, le démocrate conserve une photo de son père, le juge William Newsom, avec l’ex-ministre de la justice de John Kennedy. Le 5 juin, Bob Kennedy, sénateur de New York depuis 1965, venait de remporter la primaire démocrate pour l’élection présidentielle de novembre 1968 quand il a été attaqué dans les cuisines de l’Hôtel Ambassador à Los Angeles. Il faisait campagne contre la guerre du Vietnam, et contre la pauvreté. Il a été atteint de trois balles. Sa femme Ethel était à ses côtés, enceinte de leur 11enfant.

Sirhan Sirhan a été condamné à mort en 1969, puis épargné grâce à la suspension des exécutions, en 1972, dans le Golden State. A quinze reprises, il a déposé une demande de libération anticipée, à chaque fois refusée. Jusqu’en août 2021, quand la commission a considéré que le septuagénaire ne représentait plus de danger pour le public. De nouvelles réglementations l’ont aussi obligée à prendre en compte le traumatisme vécu au Proche-Orient par le jeune Sirhan, chrétien né à Jérusalem et de nationalité jordanienne, qui n’avait que 24 ans au moment des faits.

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via LeMonde

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