« La pratique du “soldat augmenté” devra être entourée de garanties pour prévenir toute dérive »

Tribune. Le Comité d’éthique de la défense (Comedef), créé par la ministre des armées, Florence Parly, a pour mission d’éclairer par ses avis l’autorité politique, le commandement et l’opinion sur les questionnements éthiques induits, dans le domaine militaire, par les évolutions scientifiques et techniques, par le recours à de nouveaux systèmes d’armes et par l’ouverture de nouveaux espaces de conflictualité. La France est, ce faisant, la première puissance militaire à s’être dotée d’une instance de cette nature.

La publication, le 4 décembre 2020, de l’avis du Comedef sur le « soldat augmenté » a eu un réel retentissement, lequel prouve, s’il en était besoin, combien nos concitoyens sont attentifs à la situation de nos militaires. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette vigilance et disons-le, d’emblée, rien dans cet avis ne vient heurter les valeurs de la République. Bien au contraire, les options proposées viennent conforter le socle de notre éthique militaire.

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De longue date, l’être humain a cherché à accroître ses capacités physiques ou cognitives pour combattre ou se défendre. Dans cette perspective historique, les armes, les équipements de protection ou de vision constituent des « augmentations ». Il en est de même de l’entraînement physique ou psychologique en vue d’accroître la résistance ou la combativité des militaires ou encore de la médecine qui permet de remplacer ou de réparer les organes ou les membres des blessés. Les travaux du Comité d’éthique sur le soldat augmenté se situent dans une autre perspective. L’état des sciences et des techniques, certaines pratiques déjà en cours dans le monde civil ou certaines armées et, plus encore, les évolutions prévisibles permettent d’entrevoir des augmentations de capacité « incorporées » dans la personne du soldat. De façon réversible ou irréversible, il serait doté d’aptitudes physiques, perceptives, cognitives, psychologiques supérieures, voire d’aptitudes nouvelles.

Questions de principe

Eu égard au contexte de durcissement des conflits et d’imprévisibilité de l’environnement stratégique national, il importe pour la France de rechercher les moyens qui permettent de préserver ou d’améliorer la capacité opérationnelle des armées. Ces moyens peuvent être des pratiques préventives d’un risque sanitaire (vaccins, traitements médicamenteux), l’administration de certaines substances ou médicaments, voire des interventions corporelles susceptibles de contribuer à la résilience en situation de crise, de favoriser l’ascendant opérationnel, de générer un effet de surprise ou de synchroniser les efforts tout en économisant les forces.

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via LeMonde

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