La pression de la rue obtient le retrait d’une réforme fiscale en Colombie

Des manifestants célébrent le retrait de la réforme fiscale du président colombien, Ivan Duque, place Bolivar à Bogota, le 2 mai.

Un manifestant brandit une pancarte. « Quand le peuple sort manifester en pleine pandémie, c’est que le gouvernement est plus dangereux que le virus », peut-on y lire. Dès le 28 avril, les mécontents étaient dans la rue, par dizaines de milliers, pour dire leur opposition au projet de réforme fiscale présenté par le gouvernement d’Ivan Duque. Les manifestations ont duré quatre jours et se sont soldées, de source officielle, par la mort de six personnes. Les ONG en dénombrent au moins le triple.

Dimanche 2 mai, à l’heure du déjeuner, le président Ivan Duque (droite) est apparu à la télévision pour annoncer qu’il faisait marche arrière. « Je demande au Congrès le retrait du projet présenté par le ministre des finances et l’élaboration urgente d’un nouveau projet, fruit de consensus, pour éviter l’incertitude financière. »

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La réforme fiscale, annoncée comme le projet-phare de son mandat et présentée le 15 avril au Congrès, a vécu. Alors que l’élection présidentielle de 2022 est déjà dans le viseur des politiques, le chef de l’Etat vient de perdre une manche. « Le peuple a gagné. Il a appris la force de l’action collective », a twitté l’ex-maire de Bogota et candidat présidentiel, Gustavo Petro. A gauche d’un échiquier politique très divisé, M. Petro arrive aujourd’hui en tête des intentions de vote.

Police extrêmement brutale

Est-il légitime de manifester en temps de distanciation sociale ? Alors que la Colombie subit de plein fouet une troisième vague de contaminations due au coronavirus particulièrement violente et que le taux d’occupation des lits de réanimation dépasse 95 % dans toutes les grandes villes, la question a opposé les syndicats et les organisations sociales qui appelaient à la mobilisation aux autorités. La réponse des manifestants a débordé les espoirs des premiers et les craintes des secondes. Bogota, Medellin et Cali ont été le théâtre des rassemblements les plus nombreux.

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Les actes de vandalisme – bus incendiés, vitrines brisées et postes de police attaqués – qui ont émaillé les manifestations ont été très médiatisés mais sont restés sporadiques. A en croire les vidéos – des échauffourées avec les manifestants et les images de policiers tirant à vue –, l’action des forces de l’ordre a été extrêmement brutale. A Cali, un jeune de 17 ans, Marcelo Agredo, a été tué mercredi 28 avril, à bout portant, par un policier à qui il venait de donner un coup de pied.

Twitter a décidé d’éliminer un message de l’ancien président Alvaro Uribe (2002-2010), qui appelait à soutenir « le droit des soldats et des policiers à utiliser leurs armes pour défendre leur intégrité et pour défendre les personnes et les biens de l’action criminelle du terrorisme exercé par les vandales ». Le réseau social a supprimé le tweet, considérant que « dans le contexte actuel colombien », il « violait les règles de Twitter concernant la glorification de la violence ».

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via LeMonde

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