La répression s’accroît en Thaïlande

Les militants pro-démocratie Panupong Jadnok (à gauche), Panusaya Sithijirawattanakul (au centre) et Jatupat Boonpattararaksa (à droite) le 8 mars 2021 à Bangkok avant leur mise en accusation.

Près de huit mois après le début d’une fronde de la jeunesse urbaine contre l’oligarchie au pouvoir en Thaïlande, la plupart de celles et ceux qui ont incarné le mouvement sont aujourd’hui derrière les barreaux. Lundi 8 mars, une cour criminelle de Bangkok a fini de décapiter la « rébellion » en prononçant contre trois de ses chefs de file des accusations de lèse-majesté, charges qui pourraient leur valoir des années de prison.

L’une des accusés est une jeune femme, une des plus célèbres du mouvement : Panusaya Sithijirawattanakul, une étudiante en sciences politiques de 22 ans, avait été la première, au mois d’août 2020, à prononcer sur la tribune d’un campus universitaire de Bangkok un discours où elle demandait à la monarchie de se « réformer ».

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L’exigence était sans précédent dans un royaume où le souverain, considéré comme un avatar du dieu Vishnou, est protégé contre toute atteinte à sa royale personne par une très draconienne et très archaïque loi de lèse-majesté. Les partisans de cette révolte antigouvernementale – qui exigent également la démission du premier ministre, Prayuth Chan-o-cha, général à l’origine du putsch de 2014 – reprochent au roi Maha Vajiralongkorn, 68 ans, de concentrer trop de pouvoirs, de gérer une fortune immense sans trop se soucier du bien-être de ses sujets et d’avoir vécu une grande partie de son temps en Allemagne.

Incarcération immédiate

Les deux autres accusés sont Panupong Jadnok, étudiant et militant des causes sociales âgé de 24 ans, et Jatupat Boonpattararaksa, un activiste de 29 ans déjà emprisonné par le passé pour lèse-majesté. Peu avant son arrestation, il avait conduit une marche en faveur de la démocratie de 250 km depuis le sud de la Thaïlande, parvenant au cœur du Bangkok historique dimanche 7 mars.

L’accusation prononcée par les juges au nom de l’article 112 (loi de lèse-majesté) s’est accompagnée de l’incarcération immédiate des trois prévenus, la possibilité d’une libération sous caution leur ayant été refusée. Cette loi permettant d’embastiller toute personne ayant insulté « le roi, la reine, le prince héritier et le régent » prévoit une peine maximale de quinze ans, mais chaque chef d’accusation peut être cumulé. Le 19 janvier, une Thaïlandaise d’une soixantaine d’années a été condamnée à quatre-vingt-sept ans de prison pour avoir partagé des vidéos jugées insultantes contre le roi. Comme elle a reconnu ses torts, elle a eu la « chance » de voir sa peine réduite de moitié…

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via LeMonde

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