La vague Omicron gagne le nord de l’Angleterre et met le système de santé britannique sous pression

Des ambulances devant l’entrée des urgences de l’hôpital Bradford Royal Infirmary à Bradford (Grande-Bretagne), le 5 janvier 2022.

Quelques signes encourageants à Londres, une situation critique au sud-est et un paysage qui s’assombrit à grande vitesse dans le nord de l’Angleterre : la vague Omicron continue d’infliger une pression considérable sur le système de santé britannique (le fameux National Health Service, NHS), soulignant encore plus ses graves faiblesses structurelles.

Dans la capitale, épicentre de l’épidémie Omicron, le rythme des hospitalisations semble, certes, avoir ralenti. Selon les dernières données officielles, le nombre des nouvelles infections, sur les sept jours avant le 1er janvier, est en recul de 25,5 % dans la City et l’arrondissement de Hackney (dans l’est de Londres). En revanche, sur la même période, les infections ont bondi de 130 % en Cumbrie (nord-ouest de l’Angleterre) et de 124,7 % dans le Northumberland (nord-est). Jeudi 6 janvier, 179 756 cas positifs avaient encore été décomptés au niveau national au cours des vingt-quatre dernières heures.

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« La croissance du nombre de nouveaux cas positifs ralentit clairement à Londres. Mais la vague atteint maintenant les populations plus âgées, et il est trop tôt pour observer l’effet des retrouvailles des fêtes de fin d’année et du retour à l’école », alerte Chris Hopson, directeur de NHS Providers, organisation représentant les hôpitaux. « La pression se déplace depuis Londres dans le reste du pays, avec des hospitalisations liées au coronavirus en hausse, et les absences de personnel se conjuguent à une situation hospitalière déjà très tendue », ajoute le spécialiste, inquiet que les établissements du nord du pays, moins bien dotés que ceux du sud, aient plus de mal à tenir le choc.

Longue attente pour une ambulance

Downing Street a confirmé, mercredi 5 janvier, que « plus de vingt » hôpitaux (tous hors de Londres) ont déclaré un « accident critique » ces derniers jours, c’est-à-dire un niveau d’alerte maximum signifiant qu’ils ne sont plus en mesure d’assurer, avec leur personnel interne, un niveau de soin adéquat. Dans le Sud-Ouest, les hôpitaux de Bath, Poole ou Bournemouth sont concernés : il ne restait que 4 lits libres à Poole mercredi, et 25 à Bournemouth. Les 17 hôpitaux du Grand Manchester (au nord-ouest) ont déprogrammé des opérations non urgentes, alors que le nombre d’hospitalisations a triplé en quinze jours, passant à 1 200.

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Il n’est pas sûr que « le système de santé réussisse à surmonter » la vague, a prévenu Andy Burnham, le maire du Grand Manchester. Les médias nationaux ont même rapporté que dans le nord du pays, des personnes craignant d’être victimes d’un arrêt cardiaque et appelant le numéro d’urgence 999 ont reçu le conseil d’aller à l’hôpital par leurs propres moyens, tant les délais d’attente pour une ambulance sont longs. « Ici, nous conseillons toujours aux gens pris d’un malaise d’appeler le 999 pour une ambulance », nuance le docteur Brian McGregor, président pour le Yorkshire (Nord-Est) de la British Medical Association, le principal syndicat britannique de médecins.

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via LeMonde

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