La visite risquée de Volodymyr Zelensky dans le Donbass : « Je suis fier de ceux que j’ai rencontrés »


Sur ce cliché fourni par la présidence ukrainienne, le président Volodymyr Zelensky visite un poste militaire sur la ligne de front dans le Donbass, dans la région de Zaporijia, le 5 juin 2002.

Tandis que la ville de Sievierodonetsk fait face à l’offensive russe la plus violente depuis la chute de Marioupol, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’est rendu, dimanche 5 juin, sur plusieurs fronts du Donbass. Une visite inattendue et audacieuse, au terme d’une semaine où Sievierodonetsk a été conquise à 80 % par l’armée de Moscou.

Pour son troisième voyage hors de la capitale ukrainienne depuis le déclenchement de la guerre, le 24 février, M. Zelensky a pris un risque considérable. Après avoir visité la bourgade de Boutcha, scène majeure des crimes de guerre de l’armée russe dans la région de Kiev, puis Kharkiv, lieu d’une contre-offensive victorieuse des forces ukrainiennes, le voyage à Lyssytchansk est, d’un point de vue opérationnel, d’une autre nature.

Non seulement Lyssytchansk, sur le front de Sievierodonetsk, à moins de 15 kilomètres de la ville assiégée, est intensément bombardée chaque jour, mais la route pour accéder à la poche de Louhansk est un corridor, où le voyage d’une heure et demie se fait sous la surveillance de drones russes et les tirs fréquents de roquettes et d’artillerie.

« Nous avons rapporté de la confiance »

Peu d’informations ont filtré sur le déplacement du président. Dans le message vidéo qu’il envoie chaque soir aux Ukrainiens, pour une fois exceptionnellement bref, Volodymyr Zelensky explique qu’il est allé « à Lyssytchansk, à Soledar », les deux fronts les plus actifs du Donbass, avec celui du nord de Sloviansk. « Je suis fier de ceux que j’ai rencontrés, de ceux auxquels j’ai serré la main… Nous avons apporté quelque chose à l’armée, dont je ne parlerai pas en détail. Nous vous avons aussi rapporté quelque chose de leur part. C’est important. Nous avons rapporté de la confiance. De la force. »

Dans une autre vidéo diffusée par la présidence ukrainienne, on voit le chef de l’Etat visiter des postes de commandement et des positions militaires. Il discute avec des combattants dans ce qui semble être un abri souterrain, et remet des décorations. « Vous méritez tous la victoire, dit-il aux soldats, dont certains sont masqués ou dont les visages ont été floutés sur les photographies. Mais pas à n’importe quel prix… »

Le « prix » à payer est, à l’évidence, une référence à Marioupol. La visite présidentielle dans le Donbass intervient à un moment où Sievierodonetsk semble perdue et où la question d’évacuer ses derniers défenseurs vers Lyssytchansk, afin d’éviter qu’ils ne soient encerclés, et doivent ensuite se sacrifier ou se constituer prisonniers comme à Marioupol, se pose. Par ailleurs, contrairement à d’autres fronts où l’armée ukrainienne communique allégrement sur des livraisons d’armes occidentales, les combattants de la poche de Louhansk, le front le plus oriental d’Ukraine, ne cachent pas, ces derniers jours, qu’ils n’ont vu arriver ni renforts ni armes modernes.

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via LeMonde

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