L’aéroport de Damas mis à l’arrêt par une attaque israélienne


Image des dégâts causés à l’aéroport de Damas par un raid israélien du 10 juin 2022. Cette photo, prise le 12 juin 2022, a été diffusée par SANA, l’agence de presse officielle de la Syrie.

En onze ans de guerre, l’aéroport international de Damas n’avait jamais cessé de fonctionner. Vendredi 10 juin, le trafic aérien a été suspendu sine die après des frappes qui ont provoqué d’importants dégâts au principal hub aéroportuaire du pays. Les autorités syriennes ont imputé l’attaque à Israël. L’Etat hébreu a multiplié, ces derniers mois, les frappes dans le périmètre de l’aéroport, au motif que l’Iran l’utilise pour transférer des armes au mouvement chiite libanais Hezbollah.

Des pistes d’atterrissage, des feux de navigation et un terminal de voyageurs ont été endommagés, a indiqué le ministre des transports, Zouheir Khouzeim. En dépit des assurances données par le responsable syrien quant à la réouverture prochaine de l’aéroport, les experts estiment que les travaux pourraient prendre plusieurs semaines.

« Conséquences négatives sévères »

« C’est un acte fort, bien qu’il n’aura pas un impact financier et commercial énorme. L’activité de l’aéroport de Damas a été très réduite depuis le début de la guerre en Syrie. Peu de compagnies font la liaison avec la Syrie, mais Damas reste un point d’arrivée important pour les voyageurs syriens en provenance du Golfe ou de Turquie », estime Jihad Yazigi, le directeur de la lettre économique Syria Report.

L’aéroport est principalement utilisé par des compagnies syriennes, la compagnie nationale Syrian Airlines et la compagnie privée Cham Wings. Syrian Airlines a promis le remboursement des vols annulés, tandis que Cham Wings a indiqué qu’il reroutait ses vols vers l’aéroport d’Alep, dans le nord-ouest du pays, et assurerait gratuitement le transport vers la capitale syrienne.

Outre ces compagnies, seules quelques compagnies internationales, notamment irakiennes (Fly Baghdad, UR Airlines), iranienne (Mahan Air) ou encore pakistanaise (Pakistan International Airlines), assuraient des liaisons régulières avec Damas. La fermeture de l’aéroport pourrait avoir un impact sur la venue des pèlerins chiites du Moyen-Orient, ainsi que sur le déplacement des hommes d’affaires et des expatriés syriens à l’intérieur du pays et dans la région.

Elle a aussi des « conséquences négatives sévères » sur la fourniture de l’aide humanitaire, ont déploré les Nations unies dans un communiqué, lundi. « Cibler des infrastructures civiles est contraire au droit international et humanitaire », a condamné Imran Riza, le coordinateur humanitaire de l’ONU en Syrie. Tous les vols humanitaires onusiens ont dû être suspendus. Depuis le début de l’année, ces vols ont permis le transport de plus de 2 000 humanitaires entre Damas, Alep et Qamichli, qui coordonnent l’aide apportée à plus de deux millions de Syriens dans le nord et l’est du pays, ainsi que l’acheminement de fournitures médicales.

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via LeMonde

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